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Entrepreneuriat Résilience Profession libérale Avocats BNC

Dounia : quitter la robe d’avocat pour devenir entrepreneure

PAR Dounia Benzekri
29 juin 2021 — Temps de lecture :5mn
Un temps avocate, Dounia Benzekri est devenue entrepreneure en fondant Mick., le service d’accompagnement des micro- BNC. Armée d’une motivation sans faille, elle développe son projet au sein de l’Incubateur du Barreau de Paris. Seule maître à bord, elle croit en la force de l’accompagnement. Dotée d’un mental d’acier, consolidé par son entourage, elle nous raconte son aventure et sa vision d’un monde entrepreneurial où bienveillance rime avec confiance.
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SW : Bonjour Dounia, qui es-tu ? Que fais-tu ?

D : Je suis née et j’ai grandi à Casablanca et j’ai quitté le cocon familial il y a une dizaine d’années. Arrivée à Paris, j’ai suivi des études de droit et de fiscalité avant de passer le barreau et de rejoindre un cabinet d’avocat. Un parcours plutôt classique, avant de me lancer, il y a tout juste un an dans la folle aventure de l’entrepreneuriat en créant Mick.

SW : Que propose Mick. ?

D : Mick. un espace personnel qui offre un accompagnement au quotidien des avocats assujettis au régime micro BNC [ndlr : régime juridique qui concerne les personnes physiques exerçant une profession libérale et dont les recettes annuelles n’excèdent pas un plafond donné]. Le but est de faciliter leurs démarches administratives, sociales et fiscales et de les suivre, de l’étape de l’immatriculation jusqu’à la cessation d’activité.

SW : Comment est né ce projet ?

D : Très vite dans ma carrière, j’ai fait le constat que de nombreux avocats sont atteints de cette sorte de “phobie aiguë de la paperasse'. En recherchant des solutions, j’ai été confrontée à l’absence de service de centralisation ou de facilitation des démarches administratives liées à notre activité.
Par ailleurs, parallèlement à mon métier d’avocate, je faisais partie d’une fondation qui avait un engagement associatif et organisait des événements liés à l’entrepreneuriat. Cette expérience a fait naître la flamme...
La conjonction des 2 phénomènes m’a poussée à sauter le pas et présenter mon projet à l’Incubateur du Barreau de Paris en juillet 2020. Au début, il s’agissait de challenger mon idée. Dès lors, j’ai continué à mener mon activité d’avocate en même temps que je faisais mûrir mon projet. En janvier 2021, j’ai quitté la robe pour le consacrer à plein temps à Mick.

SW: Comment s’est déroulée cette période d’incubation ?

D : De vraies montagnes russes, dans le bon sens du terme (rires) ! L’incubateur m’a permis de me former à de très nombreux métiers que je ne maîtrisais pas et qui sont essentiels dans la création d’une société, surtout en étant seule. Il existe tout un langage, toute une façon de faire, que j’ai dû intégrer très vite. J’ai appris sur moi, sur mes capacités à faire face aux difficultés et les surmonter. Enfin, j’ai dû apprendre à vendre mon idée.

« Cette crise a poussé les réseaux, associations et entrepreneurs à révolutionner l’accès à l’information et à la formation. J’ai eu la chance d’assister à des événements et webinars qui m’auraient été inaccessibles en temps normal. »

SW : Comment as-tu vécu l’entrepreneuriat dans le contexte de la crise ?

D : J’y ai vu de nombreux aspects positifs. Je n’ai pas eu à culpabiliser parce que je travaillais depuis ma cuisine (rires). Le fait que tout le monde ait été embarqué dans le même bateau a fait tomber des barrières !
Par ailleurs, cette crise a poussé les réseaux, associations et entrepreneurs à révolutionner l’accès à l’information et à la formation. J’ai eu la chance d’assister à des événements et webinars qui m’auraient été inaccessibles en temps normal. Un jour, je suivais une formation sur les levées de fonds et le lendemain, j’écoutais un podcast de professionnels du marketing digital !

SW : Comment s’est déroulé le financement de ton projet ?

D : J’avais anticipé une frilosité des banques, et finalement, l’accueil a été bon. J’ai été accompagnée par la banque qui me suivait déjà lors de mon activité d’avocate et qui a su croire en mon projet.
Pour le reste, j’ai apporté des fonds propres pour la création de la structure et le démarrage. Actuellement, je prépare mon dossier pour la bourse French Tech de la BPI pour les phases de développement commercial et de communication. Je trouve cette institution bienveillante et à l’écoute : elle accompagne les projets et conseille les entrepreneurs, en plus de financer les ambitions.

SW : Quelles sont les prochaines étapes pour ton projet ?

D : Je développe – avec un partenaire – les logiciels de la première offre commerciale en novembre 2021, et de celles à venir en 2022. La nouvelle version du site sera en ligne et la préinscription possible à partir de mi-juillet. En plus, je cherche à créer des synergies et de la complémentarité entre les solutions Mick. et celles d’autres acteurs sur la place.

SW : Penses-tu avoir toutes les cartes en main pour réussir ?

D : Mon joker est mon entourage ! Il fait ma force et me permet de continuer à avancer dans un projet entrepreneurial solitaire. Il m’accompagne dans les moments compliqués, et me fait sortir la tête du guidon pour fêter les petites et grandes victoires.
Cela vient consolider ma motivation, d’être tout le temps investie à 100%. Je trouve que les jeunes entrepreneurs sont extrêmement soutenus en France et il existe un nombre incalculable de mécanismes d’aides et de subventions, qu’il convient d’aller chercher à la force de son travail et sa motivation.

« Il est essentiel de se faire conseiller, d’aller à la rencontre de personnes que l’on ne connaît pas et qui savent tout ou partie, de frapper aux bonnes portes... La bienveillance existe, sans aucune contrepartie. »

SW : Quels conseils donnerais-tu à ceux qui veulent se lancer ?

D : Il est essentiel de se faire conseiller, d’aller à la rencontre de personnes que l’on ne connaît pas et qui savent tout ou partie, de frapper aux bonnes portes... La bienveillance existe, sans aucune contrepartie.
Il faut également savoir se faire confiance. Il faut être convaincu.e pour être convaiquant.e.
Enfin, rappelez-vous qu’il n’y a jamais d’échecs ou du temps perdu ; il n’y a que des opportunités de progresser personnellement et professionnellement. Avec ce point de vue, la charge mentale s’envole !

SW : Comment épargnes-tu aujourd’hui ?

D : J’admire les investisseurs qui se positionnent en bourse ou dans des actifs très volatiles comme les cryptomonnaies, car j’en suis incapable. Je crois être l’une des dernières en France à avoir ouvert un Livret A (rires). J’ai également ouvert un PEA en même temps que j’ai lancé Mick. Globalement, je souhaite surtout sécuriser mon avenir. Ne sachant pas de quoi demain sera fait, je veux prendre le minimum de risque possible...

SW : Quels parcours de vie t’inspirent ?

D : Je repense souvent à un projet d’accompagnement de retour à l’emploi pour les réfugiés, auquel j'ai participé il y a quelques années. La persévérance, la pugnacité et la résilience de ces courageux m’a marquée. Pour moi, ce sont des modèles de force.

Dounia : quitter la robe d’avocat pour devenir entrepreneure