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ESG Entrepreneuriat Design

Maison Elémentaire : la façon au-delà de l’objet

PAR Anna Kolf et Aymeric Sardain-Roux
22 septembre 2020 — Temps de lecture :4mn
Anna et Aymeric ont co-fondé Maison Elémentaire, qui édite des objets de décoration dont les histoires sont à raconter. Ensemble, ils sélectionnent des artisans designers, puis mettent en lumière leur démarche créative et engagée. Le discours est transparent et pédagogique : « conscients que tout n’est pas parfait, nous travaillons avec nos partenaires pour améliorer continuellement nos pratiques » confie Anna, l’une des particules élémentaires de ce beau projet évolutif et durable.
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SW : Bonjour Anna et Aymeric, qui êtes-vous, que faites-vous ?

Anna : Co-fondatrice de Maison Élémentaire, je travaille aussi en parallèle en tant que responsable RSE (ndlr : Responsabilité Sociétale des Entreprises) dans le domaine de l’agro-alimentaire. J’ai à cœur de réduire notre impact sur l’environnement et d’assurer une préservation de l’existant pour les générations qui suivent.

Aymeric : J’ai travaillé en e-commerce pour un groupe dans le secteur des produits de grande consommation, avant de me relancer dans l’aventure entrepreneuriale avec Anna. C’est en plein déménagement que l’idée brute nous est venue. Nous nous sommes posés des questions sur la provenance, les matières et les personnes qui se trouvaient derrière les objets que nous choisissions. Alors, nous avons décidé de créer un lieu/un condensé de pièces uniques faites à la main en Europe.

« Nous avons à cœur de concevoir des pièces durables et designs, qui permettent à chacun.e de créer un univers qui réponde à ses valeurs. »

SW : Quelle est l’ambition de Maison Élémentaire ?

Anna : Nous sommes convaincus qu’une nouvelle approche de la décoration doit voir le jour. Trop d’objets de décoration sont dénués de sens, et pas assez associent beauté et écologie. Nous avons à cœur de concevoir des pièces durables et designs, qui permettent à chacun.e de créer un univers qui réponde à ses valeurs.

Aymeric : Ce sont des vases en grès chamottés, des appliques sculptées dans du noyer massif, des patères en plastiques recyclés, des carafes en porcelaine de couleurs etc. Chaque détail a son importance, et notamment le prix que nous souhaitons non-dissuasif (ndlr : de 8€ pour une tasse en terre cuite faite au Portugal jusqu’à 960€ pour une suspension en verre teinté, soufflé en France). La démarche de l’artisan designer doit aller dans ce sens.

SW : Justement, comment choisissez-vous les designers ?

Anna : Nous prenons en compte leur engagement dans une démarche durable pour la création, et l’adéquation de leur création à l’univers organique de Maison Élémentaire.
Une charte spécifique a été établie : « Artisan designer & objet ». Elle contient une vingtaine de critères à respecter : lieu de localisation des ateliers, qualité des matières premières, mais aussi des revêtements, des colles, etc. Nous veillons au grain (rires) !

Aymeric : Actuellement, nous fonctionnons selon un modèle évolutif. Lorsque nous débutons une collaboration, nous commençons par du dépôt-vente. Cela nous permet de s’assurer que les deux partis sont satisfaites. Si l’intérêt de nos clients pour les objets est prégnant, nous commandons et achetons directement auprès du designer un volume précis de chaque référence. Il se rémunéra donc grâce à la vente directe, c’est le principe du sell-in/sell-out.

Maison Elémentaire : la façon au-delà de l’objet

SW : Que représente 2020 pour vous ?

Anna : 2020 a été un tournant important : c’est la première année de Maison Élémentaire. Pendant 2 ans le projet a été réfléchi, nous sommes heureux qu’il se soit concrétisé !

Aymeric : Dans ce contexte de crise sanitaire, cette année n’aura été facile pour personne, mais Maison Elémentaire s’en sort plutôt bien. Plus les mois avancent, plus nous nous disons que nous allons dans le bon sens ; et au quotidien cela fait du bien.

SW : Pensez-vous que nous tendons vers un monde plus ESG ?

Aymeric : Pour nous, tendre vers un nouveau modèle est une évidence. Dans notre entourage, nous voyons de plus en plus d’initiatives, comme Objets Optimistes, le podcast
« Où est le beau ? », l’organisation Les Bonnes Nouvelles, etc. Tous.tes souhaitent bousculer les lignes, faire évoluer les choses, et avoir un vrai impact positif. C’est encourageant !

SW : Quelles sont les perspectives pour Maison Élémentaire ?

Anna : Nous allons bientôt fêter le premier anniversaire ! Pour débuter cette nouvelle année, nous allons d’abord agrandir notre sélection et présenter de nouvelles pièces. Du textile, de l’art de la table : nous allons apporter de la nouveauté ! Nous aimerions aussi continuer à chercher de nouveaux matériaux plus durables (matières naturelles, recyclées…).

« Pour le moment, l’ensemble de nos projets sont autofinancés grâce à la vente des objets sur le site, et par l’apport de fonds personnels lorsque nécessaire. »

SW : Comment comptez-vous financer ces innovations ?

Aymeric : Pour le moment, l’ensemble de nos projets sont autofinancés grâce à la vente des objets sur le site, et par l’apport de fonds personnels lorsque nécessaire.
Nos ressources sont exclusivement du Love Money. Mais nous sommes conscients qu’un business model est évolutif. Au quotidien, un ancien chef d’entreprise, un banquier et un expert-comptable nous entoure. Ils font partie de notre entourage.

Anna : Pour notre finance personnelle, nous leur faisons aussi confiance !

SW : Quelles sont les compétences et les qualités qui font les bons créateur.rice.s de valeur aujourd’hui ?

Anna : Pour moi, il est indispensable de savoir se remettre en question, être à l’écoute des personnes qui nous entourent, et faire preuve de volonté.

Aymeric : Il est important de savoir penser autrement, de ne pas avoir peur de casser les règles. Être curieux et s’intéresser à ce qui nous entoure, c’est indispensable !

SW : Quelles initiatives ou parcours de vie vous inspirent ?

Anna : Professionnellement, je suis plutôt inspirée par le parcours de Pauline Laigneau, créatrice de la marque Gemmyo. J’aime la simplicité avec laquelle elle partage son quotidien d’entrepreneur sur les réseaux sociaux.

Aymeric : Les initiatives que mène Guillaume Néry, ancien champion du monde d’apnée, pour démocratiser sa discipline et les profondeurs marines me passionnent. Ses vidéos pour nous faire découvrir la richesse des abysses sont vraiment innovantes ; je m’en inspire notamment pour les shootings de Maison Élémentaire.

SW : Et enfin, pouvez-vous compléter la phrase suivante
« Aujourd’hui plus que jamais, je veux… »

Anna : … pouvoir apporter du sens à mon quotidien et celui de ceux qui m’entourent. Offrir un monde différent aux générations futures.

Aymeric : Je veux me balader au bord de la mer et ne plus retrouver de déchets, morceaux de plastique et autres détritus échoués sur la plage… Je veux me dire que nous sommes capables de réfléchir à l’impact de nos actes.

Maison Elémentaire : la façon au-delà de l’objet