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Famille Crowd-funding Epargne

Julie : préserver l’existant

PAR Julie
12 août 2020 — Temps de lecture :4mn
Julie a 35 ans, vit à Coutances dans une commune de la Manche avec son conjoint, son fils et son corgi. Elle rigole de son passé de fêtarde à Shanghai et de serial shoppeuse à Paris... « Nos avis sont évolutifs, nos expériences nous façonnent. » Pour elle, 2020 se cristallise dans les learnings du confinement. Elle partage successivement ses projets, sa structure d’épargne et ses convictions ; en séquentiel, qui est devenu sa nouvelle philosophie de vie...
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

SW : Comment se passe la crise sanitaire 2020 pour toi ?

J : Bien. J’ai presque l’impression d’avoir aimé le confinement.
Au niveau personnel, Maxime (mon conjoint), n’a pas arrêté de travailler car son entreprise familiale de concession de machines agricoles fait partie des services d’utilité publique. Mais comme j’étais à la maison, cela nous a laissés plus de temps libre le soir.
Au niveau boulot, c’était plus difficile. Au début, j’étais en activité partielle, puis j’ai changé de logistique avec le télétravail. J’habite entourée de champs, en bordure de Coutances (une commune d’environ 9 000 habitants). L’ADSL ne passe pas jusqu’ici (rires). Il fallait rester agile : le vendredi à 16h, ma société nous annonçait l’organisation de la semaine qui suit. En conséquence, j’adapte la nounou, les courses, la voiture etc.
La reprise a été dure. En 2 mois, je m’étais installée dans une routine, à laquelle j’avais pris goût : être dans ma maison que j’adore, travailler avant de me laver les dents (rires), laisser la voiture dans le garage…

SW : Souhaites-tu modifier ton comportement ou tes actions, suite à la Covid-19 ?

J : Les messages de distanciation qui ont été répétés, invitent chacun.e à se reconcentrer sur soi et à éviter les stimuli. Le fait de pouvoir prendre mon temps a été agréable : voir mon bébé grandir, ne pas faire mille choses en même temps. Avant, j’étais sur-sollicitée partout (au travail, dans les relations sociales etc.), il fallait survoler ce dernier livre, ce dernier film etc. pour avoir matière à conversation. Depuis, j’écoute moins la radio car les informations tournent en boucle, et je peux me focaliser sur une action précise. Je reviens sur mes centres d’intérêt et ne les diversifie plus. Par exemple, j’ai ressorti ma machine à coudre qui était rangée depuis 8 ans !

SW : Aujourd’hui, quels sont tes projets ?

J : J’aimerais bien refaire la salle de bain mais Maxime n’est pas d’accord. C’est un projet de négociations (rires) ! Pas de nouvelles grandes ambitions, simplement améliorer ce que nous avons déjà. La maison a été achetée il y a 2 ans, mon fils Paul a 1 an et demi, tout est relativement récent.

Julie : préserver l’existant

SW : Comment épargnes-tu ?

J : J’épargne plus à Coutances qu’à Shanghai ou à Paris. Environ 150% de plus, en gagnant relativement moins. L’essentiel des charges correspond à l’emprunt pour la maison. Les frais de vie sont bien plus faibles : moins de vacances, moins de shoppings car moins de stimulations… Avant, j’achetais souvent, j’aimais bien.
Depuis que nous sommes revenus en France, notre rythme de vie a changé, et avec nos valeurs. Nous consommons plus intelligemment. C’est un chemin que nous devions faire, et des expériences que nous devions vivre.

« J’investis aussi en crowd-funding. J’aime bien 'parier' sur des projets que je trouve intéressants pour leur engagement durable ou énergétique. »

SW : Quel est ton profil de risque ?

J : J’ai des livrets PEL, CEL, une assurance-vie à la banque… que j’alimente régulièrement, et qui ne sont pas risqués car à long-terme.
J’ai un PEA et une participation salariale placés sur la partie la plus risquée.
J’investis aussi en crowd-funding. J’aime bien « parier » sur des projets que je trouve intéressants pour leur engagement durable ou énergétique. Par exemple, j’ai mis 500 euros, sur un projet découvert dans la newsletter WiSEED, sur la désalinisation de l’eau. J’avais fait un voyage au Maroc pour le travail, là-bas les habitants manquent d’eau. Le pitch a résonné avec mes convictions, et donc j’ai investi. Plus récemment, j’ai mis dans une coopérative laitière car depuis que je travaille dans l’agroalimentaire, je suis beaucoup plus sensibilisée sur les questions du manger sain et de l’origine des produits. De ces placements, je n’attends pas un grand retour sur investissement… c’est presque comme jouer au loto, en donnant du sens à mon placement !

SW : Et quelles seraient les proportions dans les placements précités ?

J : Ma tirelire est partagée entre 50% dans le long-terme, 25% dans le risqué et 25% dans le crowd-funding, à peu près.
Je ne suis pas accompagnée dans mes démarches ; il est beaucoup plus facile de placer qu’à l’époque de nos parents. Je me rappelle l’épreuve pour eux, au moment de déposer leurs billets à la banque avec le fastidieux livret imprimé etc. Maintenant, tout se fait en quelques clics et la signature est dématérialisée. Mon assurance-vie, je l’ai ouverte alors que je n’étais même pas en France ! C’est presque comme faire du shopping, en ajoutant 2 actions dans son panier.

SW : Quelles initiatives ou parcours de vie t’inspirent ?

J : Tout le monde veut faire quelque chose, comme si c’était un accomplissement obligatoire. Mes motivations sont ailleurs : dans l’action passive et la préservation de ce qui existe. Quand je pense à mon fils, je ne veux pas qu’il soit dans une approche exhibitionniste du « créer pour prouver ». Je vois bien qu’il commence à dupliquer ce que son père et moi faisons ; il faut lui donner le bon exemple.

SW : Enfin, peux-tu compléter la phrase suivante
« Aujourd’hui plus que jamais, je veux… »

Du temps, pour mon fils, pour Maxime, pour mon chien, pour moi, pour ma maison…
Faire les choses de façon séquentielle.

Julie : préserver l’existant