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ESG Epargne Entrepreneuriat

Mary-Lou : zoom sur une photographe et citoyenne engagée

PAR Mary-Lou Mauricio
08 avril 2021 — Temps de lecture :4mn
Mary-Lou Mauricio ouvre les chakras et la prise de conscience. Avec des mots simples, elle explique l’importance d’agir contre le réchauffement climatique. Cela doit venir de sa passion pour le compost, de sa casquette de formatrice à la Fresque du Climat et d’experte de l’engagement citoyen pour de grands groupes français. Voici le portrait d’une slasheuse engagée, qui renoue avec sa passion : la photographie.
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

SW : Bonjour Mary-Lou, qui es-tu ? que fais-tu ?

M-L : Je suis fille d’immigrés, parfois j’aime bien le dire… mes parents sont portugais. J’ai eu la particularité de grandir dans un quartier ultra-favorisé, puisque ma mère était gardienne d’immeuble. Au lycée, j’avais 2 passions : la photo et l’événementiel (j’ai été ramasseuse de balles à Rolland Garros pendant 5 ans).
A l’époque, la photo m’a semblé être un secteur ultra-concurrentiel, extrêmement masculin et solitaire. J’ai donc opté pour l’événementiel. La mobilisation est le fil rouge de mes expériences pour des maisons de luxe, des associations humanitaires ou éducatives (avec les anciens de l’Edhec) mais aussi pour l’engagement citoyen d’un géant mondial des cosmétiques.
Récemment, j’ai eu envie de plus de liberté pour mieux exprimer mes propres engagements et pour renouer avec la photographie. Il y a quelques mois, j’ai suivi une formation professionnelle aux Gobelins. Maintenant, je me lance !

SW : Quel est ton état d’esprit aux prémices de cette nouvelle aventure professionnelle ?

M-L : Avec l’indépendance, je suis devenue plus radicale dans mes engagements. Par exemple, je siège au conseil d’administration d’une épicerie coopérative, gérée par des bénévoles et qui ne source que des produits responsables et locaux. Je crois profondément à la nouvelle économie, aux nouveaux modèles de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS). Hélas, nous voyions toujours les mêmes figures de proue et la répétition finit par nous intimider. Elle donne l’impression qu’il est impératif d’avoir une approche puissante et incroyable. La marche semble haute alors qu’il n’est pas si compliqué d’agir…

SW : C’est le propos de ton site d’inspiration Happymarylou et de la série de portraits d’engagés que tu y exposes…

M-L : J’avais envie de donner la parole à ceux qui le font à leur échelle : un boucher qui propose un repas à un euro, un commerçant qui se lance dans la distribution exclusive de produits made-in-France, un réparateur de vélos anciens pour inciter à mobilité verte, etc. Ce sont des actions moins médiatisées que d’autres, mais tout aussi importantes à leur niveau.

Mary-Lou : zoom sur une photographe et citoyenne engagée

SW : Quel impact de la Covid-19 pour le secteur de la photographie ?

M-L : Beaucoup de photographes sont en graves difficultés financières ; il n’y a plus d’événements, plus de salons professionnels, plus d’occasions de célébrer dans la vie personnelle...
Dans tout cela, j’ai opté pour la diversification d’activités. Je mets au service des entreprises mes compétences en développement de programmes citoyens, et en formation avec la Fresque du climat, en conseils de communication responsable.

SW : Justement depuis 5 ans environ La Responsabilité Sociale des Entreprises semble être un vrai sujet pour les Ressources Humaines et les Managers…

M-L : Avec le changement de mentalité et l’urgence d’agir, les entreprises vivent une grosse tension et un grand dilemme. Il doit être pressurisant de protéger la planète, de garantir la masse salariale du mois prochain tout en assurant la satisfaction des actionnaires, etc. Les niveaux de rentabilité vont devoir baisser. Quand les coûts de transport seront impactés d’une taxe Carbone, il ne sera plus aussi économique de faire produire à l’autre bout du monde. Beaucoup de business models, qui reposent sur ces « astuces » de rentabilité, vont être remis en cause…

SW : Cette évolution sera-t-elle simple et fluide ?

M-L : Nous devons sortir du triangle de l’inaction : l’Etat doit arrêter de pointer du doigt les entreprises qui elles-même dénoncent les clients/citoyens, qui en reviennent à accabler l’Etat (et inversement). Chaque partie doit assumer sa part d’actions, c’est solidairement que nous atteindrons les ambitions des 2° des accords de Paris ! Et c’est maintenant qu’il faut tous agir.

« Côté professionnel, j’offre mes photos aux « engagé.e.s » qui participent à mes reportages hebdomadaire, pour les aider à faire connaître leur action. Bien évidemment, je propose mes prestations par ailleurs, car le travail a une valeur et qu’il faut impérativement défendre le droit d’auteur. »

SW : En 2021, quels sont tes projets pour ne pas être dans ce cercle de l’inaction ?

M-L : Avant tout, je consomme responsablement : moins mais mieux. Côté professionnel, j’offre mes photos aux « engagé.e.s » qui participent à mes reportages hebdomadaire, pour les aider à faire connaître leur action. Bien évidemment, je propose mes prestations par ailleurs, car le travail a une valeur et qu’il faut impérativement défendre le droit d’auteur. Mon objectif est de gagner ma vie en étant en accord avec mes convictions personnelles. Nous avons eu la chance d’investir dans un logement en Ile-de-France avec un extérieur, qui permet d’accueillir un potager, un lombri-compost et une réserve d’eau.

SW : En épargne quel est ton profil ?

M-L : Pour l’épargne entreprise, j’ai systématiquement choisi les fonds Développement Durable ou responsables, sans toujours comprendre le fonctionnement derrière.
Aujourd’hui, mon engagement se manifeste aussi dans mes choix de banque (le Crédit Coopératif – même si les frais sont plus élevés), d’assurance (la MAIF), de fournisseur d’énergie (Enercoorp), etc.
Mes parents se sont beaucoup sacrifiés pour investir dans la pierre. Je gère maintenant toute la lourde administration, cela ne me donne pas du tout envie d’étendre mon portefeuille immobilier ! (rires)

SW : Justement, parlons de génération. Comment tes enfants vivent-ils ton rapport à la consommation ?

M-L : Mes enfants ont 6 et 8 ans. Ils comprennent l’importance du bien consommer, de ne pas trop manger de viande, de trier les peaux de banane dans la poubelle pour le compost etc. Ils ont aussi fait la version enfants de la Fresque du Climat et savent que notre environnement est en danger. Mais, avant tout j’essaie de les faire aimer et respecter la nature ; ce qui, en ville, est un vrai challenge !

Mary-Lou : zoom sur une photographe et citoyenne engagée

Crédits photos :
Happymarylou, portraits de Pascal, le boucher solidaire puis de Sophie et Sylvie, les modeuses responsables.

Mary-Lou Mauricio www.happymarylou.com