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Libéral Entrepreneuriat Epargne Covid-19

Charles aux mains d’argent : ostéopathe, brasseur et père

PAR Charles Cohen
03 novembre 2020 — Temps de lecture : 4 mn
Charles Cohen manipule le système musculosquelettique. Dans le même temps, il réfléchit à mener une thèse en philosophie. Un esprit sain dans un corps sain ? Pas tous les jours, « Le jeudi soir, c’est sortie hebdomadaire avec les copains ». D’ailleurs, il s’est associé à l’un d’entre eux pour monter une brasserie artisanale et bientôt un lieu de rencontre avec food-pairing vegan. Rencontre avec un homme polyvalent.
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

SW : Charles, qui es-tu ?

C : J’ai plusieurs casquettes. La première est celle d’ostéopathe. Lors de ma dernière année de cursus, j’avais eu l’idée de créer une plateforme rendant possible la prise de RDV en ligne chez le médecin. Elle initiait ma démarche entrepreneuriale. J’avais commencé à développer le projet mais une idée n’est rien sans une équipe. A mon grand regret puisque par la suite le fameux Doctolib est né.
Ensuite, j’ai eu un autre projet qui visait à réformer l’industrie du prêt-à-porter avec la création à la commande. Elegant Citizen était dédié à l’homme, et a duré quelques années avec notamment une boutique boulevard Haussmann à Paris. Depuis, je me suis retiré.
Enfin, avec un ami, nous avons lancé une brasserie artisanale : PIYAVE (ndlr : boire de l’alcool en argot), créée en juin 2018 et qui se développe gentiment. Le marché est en plein essor mais la crise a eu un double impact négatif : une perte sèche de trésorerie liée au confinement, et l’émergence d’une nouvelle stratégie d’achat. Les distributeurs et les bars préfèrent les marques premier prix ou les produits industriels à très forte identité commerciale (Budweiser, Brooklyn Brewery et autres). La reprise est donc à surveiller.

« Pour répondre à mon besoin d’organisation et d’efficience, j’ai décidé de diviser ma semaine en 2 : 3 jours au cabinet et 3 jours dédiés à la brasserie. »

SW : Comment organises-tu tes journées entre ces différentes casquettes ?

C : Avec mon métier d’ostéopathe, je n’ai pas de travail à apporter à la maison ; Ces casquettes s’inscrivent dans un temps défini, et ne débordent pas sur mon temps libre.
Pour répondre à mon besoin d’organisation et d’efficience, j’ai décidé de diviser ma semaine en 2 : 3 jours au cabinet et 3 jours dédiés à la brasserie. Occasionnellement, il peut y avoir un débordement de la bière sur l’ostéopathie, mais jamais l’inverse.

SW : Nous avons rencontré Arnaud, qui va proposer la location de fûts en inox, est-ce que cela intéresserait PIYAVE de le rencontrer ?

C : Les fûts en inox ont effectivement un impact écologique bien moindre par rapport aux fûts plastiques à utilisation unique. Par contre, ils représentent un investissement : 30 € de consigne par fût que l’on ne peut pas nécessairement répercuter sur le prix final. J’aimerais bien rencontrer Arnaud pour échanger.

SW : Pourquoi avoir décidé de te « retirer » du projet de prêt-à-porter ?

C : Suite à la première levée de fonds que nous avions réalisée (300 000 euros pour un chiffre d’affaires de quelques centaines de milliers d’euros), la situation a été complexe à gérer pour moi. Novices dans la mode, les investisseurs étrangers étaient motivés par les aspects de personnalisation et de sur-mesure mais ont eu envie de rompre avec la stratégie de niche.
Ensuite, le projet bière s’est accéléré. Mon ami est venu me chercher ; il savait que j’avais cette expérience en entreprenariat. Nos expertises sont complémentaires, donc il m’a proposé de m’associer avec lui.
Enfin, un petit bébé arrivait. Avec ces 3 paramètres, j’ai préféré ne pas continuer ; j’ai revendu mes parts.

« L’ostéopathie incite à la prise de décisions autonomes tant sur l’hypothèse diagnostique que la routine de manipulation thérapeutique à dérouler. En ce sens, nous rejoignons l’aspect entrepreneurial. »

SW : Est-ce qu’il y a des liens entre le fait d’exercer en libéral et l’entrepreneuriat ?

C : J’ai toujours chéri l’indépendance. Si je me suis orienté vers des études médicales et paramédicales, c’est initialement parce que j’avais l’envie de gérer moi-même un quotidien et une réflexion, sans patron. L’ostéopathie incite à la prise de décisions autonomes tant sur l’hypothèse diagnostique que la routine de manipulation thérapeutique à dérouler. En ce sens, nous rejoignons l’aspect entrepreneurial.
Ensuite, la corrélation s’arrête assez rapidement. L’ostéopathie est normée et routinière. C’est pour cela que j’ai rapidement plongé dans le bain entrepreneurial…

SW : Aujourd’hui, quels sont tes projets ?

C : Sur l’ostéopathie, j’aimerais bien aborder de nouveaux champs de connaissances.
Sur la brasserie, nous avons le projet d’ouvrir notre propre bar à bières artisanales et de proximité à Paris. En pré-crise, nous avions signé pour occuper un lieu, puis nous nous sommes rétractés avec l’incertitude. La structure est montée, l’argent est sur le compte ; tout est prêt pour le moment où nous trouverons le bon spot. Le concept serait d’associer la dégustation avec du food pairing vegan. Un lieu physique est clé, car nous vendons peu de bières en ligne. (La règlementation et les habitudes sont des freins.) Ce lieu permettra d’asseoir notre identité de marque. Nous ne dépendrons plus d’un revendeur dont le discours se superpose à notre image. Enfin, cela permettrait d’augmenter significativement les marges. Dans un bar, la bière représente environ 60% de la consommation, c’est énorme ! Si nous intégrons cet aspect, nous maximisons la création de valeur.

SW : Comment épargnes-tu aujourd’hui ?

C : C’est très embryonnaire. Ma conscience du sujet a grandi avec l’arrivée de mon fils. Avant, j’avais une assurance-vie, que je ne regardais pas du tout, qui courrait auprès de ma banque. Récemment, j’ai fait quelques recherches pour des acteurs qui sont sur le web. Je cherche des pure players, en lesquels je peux avoir confiance pour les frais et la transparence, la simplicité et la réactivité. Je n’ai pas encore passé le pas. J’attends de voir, en interrogeant un courtier en parallèle. L’épargne ne me passionne pas particulièrement, mais je sais qu’il n’est pas stratégique de laisser dormir son argent... Il faut que j’agisse, je vais le faire mais je ne veux pas m’embêter avec cela.

SW : Et enfin, peux-tu compléter la phrase suivante
« Aujourd’hui plus que jamais, je veux… »

C : Pourquoi « plus que jamais » ?
Je veux essayer de rester dynamique, à la recherche de nouvelles connaissances et d’expériences, toujours avec une certaine indépendance.

Charles aux mains d’argent : ostéopathe, brasseur et père
Charles Cohen Co-fondateur de PIYAVE www.instagram.com/piyavebeer/