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ESG Entrepreneuriat Environnement

Emmanuel : l’entrepreneuriat positif face à la mer

PAR Emmanuel Laurin
20 octobre 2020 — Temps de lecture : 3 mn
Emmanuel Laurin recycle les déchets marins et terrestres, avec des bénévoles, pour les transformer en objets et bijoux. Tout a commencé quand cet originaire de Bourgogne a découvert la Méditerranée, en 2015 : « j’ai à la fois eu un coup de cœur pour sa beauté et un coup au moral dû à la masse de déchets que j’apercevais durant mes sorties en mer ». Depuis, ce grand sportif continue les actions de sensibilisation et de ramassage, via des périples et des actions solidaires avec des partenaires de la région. Il raconte ses motivations.
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

SW : Bonjour Emmanuel, qui es-tu ? Que fais-tu ?

E : Je suis Emmanuel Laurin, mais tout le monde m’appelle Manu, j’ai 35 ans et je suis le fondateur de l’association Sauvage Méditerranée, spécialisée dans le recyclage et la valorisation de déchets dits « sauvages » c’est-à-dire marins et terrestres en Méditerranée. Je suis également le fondateur du projet Le Grand Saphir, une nage éco-responsable de 120 km entre Marseille et Toulon menée durant l’été 2017 pendant laquelle j’ai ramassé les déchets que je trouvais sur mon passage et qui a donné lieu à un documentaire multi récompensé « Le grand Saphir, une révolte ordinaire » Enfin je suis le co-fondateur du Grand Défi, la 1ère compétition de ramassage de déchets dont la 1ère édition s’est tenue le 30 mai 2019 à Marseille et qui a réuni plus de 120 personnes.

SW : Aujourd’hui, quels sont tes projets ?

E : Continuer à travailler avec l’association Sauvage Méditerranée sur la valorisation des déchets marins. Nous avons un réseau de partenaires regroupant plus d’une quinzaine d’associations de collecteurs de déchets situés sur le bassin méditerranéen entre Nice et Montpellier. Nous travaillons actuellement sur un projet à grande échelle nous permettant de valoriser ces tonnes de déchets collectés chaque mois sur les plages, du plastique au verre, en passant par le filet de pêche ou encore les pneus. Mais encore un peu de patience…

SW : Comment sont financés ces projets ?

E : Aujourd’hui, la totalité de nos finances provient de la vente de nos créations sur notre boutique en ligne. Une partie des bénéfices est reversée à nos associations partenaires de collecteurs de déchets, l’autre partie est essentiellement réinvestie dans l’achat de machines et outillage.

Emmanuel : l’entrepreneuriat positif face à la mer

SW : Penses-tu avoir toutes les cartes en main pour les réussir ?

E : Nous sommes une équipe soudée au sein de Sauvage Méditerranée et entretenons de très bonnes relations avec nos associations partenaires. C’est l’humain qui est au centre de la réussite des projets !

SW : « Seul.e on va plus vite, ensemble, on va plus loin ? »

E : C’est comme cela que j’ai toujours fonctionné, en équipe, en allant à la rencontre de celles et ceux qui sont dans l’action et qui ont l’information. C’est la raison pour laquelle j’essaie également toujours de répondre aux sollicitations que l’on peut me faire, du « petit » message sur les réseaux sociaux aux courriers plus officiels. Pour aller loin, il faut selon moi travailler ensemble, se regrouper par affinités ou domaines de compétence, mais surtout prendre en compte tout conseil et suggestion venant de l’extérieur.

SW : Que représente 2020 pour toi ?

E : Un défi. Non, un cumul de défis, à l’échelle mondiale.

SW : Est-ce que tu épargnes aujourd’hui ?

E : Notre association est davantage dans une phase d’investissement et d’achat que d’épargne. Il faut savoir ouvrir son portefeuille surtout au début, mais tout en gardant à l’esprit que chaque dépense à terme doit engendrer une recette.

SW : Quels seraient les 3 conseils que tu donnerais à un millennial qui souhaiterait se lancer dans l’entrepreneuriat positif ?

E : Voici les 3 qui me viennent spontanément :

  1. Se fixer rapidement une date de lancement et s’y tenir. Sinon, les timings glissent et les belles initiatives restent des idées.
  2. Aller à la rencontre de ceux qui sont déjà impliqués dans le domaine visé et demander conseil au maximum autour de soi. Les feedbacks et les learnings des autres sont un gain de temps pour tous. L’impact est solidaire.
  3. Accepter que tout ne se passe pas toujours comme prévu ; et ne pas perdre de vue qu’à chaque problème il y a une solution. La résilience !

SW : Quels initiatives ou parcours de vie t’inspirent ?

E : Tous les projets qui placent l’humain et l’environnement au centre des préoccupations. Je pense ici surtout aux personnes qui agissent dans l’ombre, sans intérêt personnel, mais dans un objectif de bien commun. C’est le cas de nos associations partenaires et de leurs membres qui se réunissent parfois plusieurs fois par mois pour préserver leur environnement, en nettoyant leurs plages, les endroits qu’ils affectionnent, etc.

SW : Et enfin, peux-tu compléter la phrase suivante
« Aujourd’hui plus que jamais, je veux … »

E : Je veux que l’on intègre que le meilleur déchet est celui qui n’existe pas, n’a jamais existé et n’existera jamais.

Emmanuel Laurin www.sauvage-med.fr