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Entrepreneuriat Rebond Location saisonnière Holding Family Business

Nicolas : l’art du rebond dans la location saisonnière

PAR Nicolas Estivin
07 octobre 2020 — Temps de lecture :5mn
Nicolas Estivin croit profondément en la force de l’agilité collective. Son analyse est pragmatique et sa vision de l’avenir optimiste. Ceci lui offre une grande capacité de rebond, probablement une des qualités familiales dont il a hérité. Avec bienveillance, il raconte l’histoire en ricochets de sa société de location saisonnière de courte durée, Guest Trotter, et l’implication de la holding familiale vers un monde plus responsable. Interview réconfortante.
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

SW : Bonjour Nicolas qui es-tu ? que fais-tu ?

N : J’ai 33 ans. Je suis marié et papa de 2 filles merveilleuses ; et je suis entrepreneur notamment via la société Guest Trotter, qui est spécialisée dans la gestion d’actifs immobiliers dédiés à la location meublée de courte durée, avec des services hôteliers, à Paris et sur l’île de la Réunion.
Guest Trotter a été fondée il y a 6 ans, avec ma cousine par alliance. Mathilde venait de l’hôtellerie et moi, de l’immobilier, nous avons allié nos compétences. Nous souhaitions créer un service prémium qui soit facilitant pour le propriétaire et clé en main pour le client via notamment une assistance continue et une conciergerie.
La flotte s’est étendue progressivement par le bouche-à-oreille : d’abord les proches, puis les amis d’amis, jusqu’à l’acquisition de 3 appartements par Guest Trotter. Nous visons les moyennes à grandes surfaces (3 chambres et 3 salles de bain), des résidences principales ou des pieds-à-terre achetés en surface commerciale, pour accueillir les familles et les groupes d’amis. Depuis la création, nous avons dû avoir 20 000 nuitées et plus de 60 nationalités !

SW : Quels services d’hôtellerie proposez-vous ?

N : Nous accompagnons l’expérience de voyage de A à Z : depuis les options de transport jusqu’à la réservation de billets pour des spectacles/expositions, en passant par le ménage, la livraison de petits-déjeuners, la préparation sur place de repas privés avec une cheffe etc. Les demandes peuvent être atypiques et notre flexibilité permet d’y répondre. Par exemple, nous avons organisé un mariage pour un couple d’américains dans un logement avec jardin privé sur le parc Monceau.

Nicolas : l’art du rebond dans la location saisonnière

SW : Comment avait été financé le projet initialement ?

N : Nous avions chacun mis au pot, avec nos économies personnelles. La holding familiale FOX INVESTISSEMENTS que je détiens avec mon père, avait aussi apporté son soutien.
Au-delà de l’apport financier, la holding nous a incubés sur les aspects digitaux (création du site, référencement et e-réputation) mais aussi sur les aspects juridiques. À l’époque de la création la loi Alur était en cours d’écriture ; nous avons eu la chance de bénéficier d’un solide accompagnement par un comité d’experts.

SW : Quel est le chiffre d’affaires de Guest Trotter ?

N : Avec 30 appartements sous gestion, nous avons réalisé 500 000 euros en 2019. 90% vient de la location, et les 10% restants de la conciergerie.
Pour 2020, nous ambitionnons 800 000 euros avant l’annonce du confinement….

SW : Que représente 2020 pour toi ?

N : Des difficultés mais aussi des opportunités. Dès l’allocution du Président Macron, nous avons agi. D’abord de façon très pragmatique avec la mise en place d’un chômage partiel des 4 salariés, et de négociations de report de d’échéances avec les partenaires bancaires. Puis de façon solidaire, en proposant gracieusement nos logements aux soignants et à leur famille.
Coup du sort : j’accueillais les nouveaux résidants le lundi et le mardi, j’apprenais que mon père était déclaré atteint de la Covid-19. Une semaine après, il était mis sous comas artificiel. Cette situation a rendu la crise sanitaire très concrète pour moi.
La fin est heureuse : mon père s’en est sorti, mon entourage va bien, et les équipes de
Guest Trotter et de la holding ont démontré solidité, résilience et agilité.

SW : « Seul.e, on va plus vite, ensemble, on va plus loin » ?

N : Cela va devenir mon nouveau motto ! (rires) Avoir une belle équipe autour de soi rend confiant et aide dans les moments d’adversité.
Chez Guest Trotter, la crise sanitaire nous a challengés. Ensemble, nous avons arrêté de penser les biens comme des appartements, pour les voir comme des espaces. Cela a ouvert le champ des possibles et permet de compenser la fermeture des restaurants avec des repas privés faits par la cheffe gourmande et engagée (0 déchet) Chloé Charles, le déménagement des bureaux parisiens en offrant des lieux de réunion ou de télétravail, ou encore des salles de sport en permettant des séances privées, etc. Toutes ces nouvelles activités, sont regroupées sous la marque Plimme, qui est gérée par Guest Trotter. Elles créeront peut-être une diversification pérenne des activités de la société…

Nicolas : l’art du rebond dans la location saisonnière

SW : C’est l’art du rebond !

N : Les groupes sont comme des bateaux de croisière qui parfois sont plus durs à manœuvrer. Nous avons peu d’actifs, mais nous sommes agiles et tendons de nous adapter au moment et à l’esprit du temps.

SW : Quelle importance accordes-tu aux critères ESG ?

N : La question se pose encore ? (rires) L’humain est au cœur de tous les projets ; l’environnement, la société et la gouvernance nécessite une implication collective.
La démarche ESG existe depuis les prémisses de Guest Trotter. Les produits de nettoyage sont 100% labellisés éco-cert, le transport du linge se fait à vélo et nous essayons de basculer vers l’électricité verte. Sur l’aspect social, les salariés sont actionnaires.
La démarche ESG est ancrée dans notre génération, elle est naturelle. La Covid-19 vient accélérer la transition vers une économie durable : 75% du plan de relance de 100 milliards accompagnera les projets responsables.

SW : Et quels sont tes projets personnels ?

N : Comme beaucoup de parisiens confinés dans des petites surfaces, nous sommes interrogés sur l’option d’un déménagement. La piste a été rapidement écartée ; mais un lieu pour souffler est toujours une bonne idée. Nous venons de trouver une maison de campagne avec un peu de jardin, un atelier, une salle de sport à construire, et tout cela à moins d’une heure de Paris. Nous l’achetons avec un couple de cousins (50-50).
Le projet n’est pas 100% personnel, car nous réfléchissons à proposer ce havre de paix à la location.

SW : En tant qu’épargnant, quel est ton profil de risque ?

N : Je suis un épargnant entreprenant ! (rires) Je n’ai jamais laissé dormir l’argent. Pour moi ; il doit vivre.
J’investis dans des projets tangibles (immobilier ou business models) dans lesquels je crois. La société de mon grand-père était spécialisée dans les fruits et les légumes, j’ai certainement hérité son côté très terre-à-terre ! (rires)

SW : Quelles initiatives t’inspirent ?

N : En ce moment, je regarde de près Atelier Extramuros. La société est basée sur un site Véolia où les déchets arrivent. Là-bas, ils récupèrent le bois, le manient, le retraitent et finalement le subliment pour réaliser des pièces de mobilier. C’est de l’upcycling. En plus, ils ont une démarche sociale grâce à la formation pendant 2 ans de personnes en voie de réinsertion. SPAREWELL devrait les rencontrer…

Nicolas : l’art du rebond dans la location saisonnière
Nicolas Estivin Fondateur de Guest Trotter et de Plimme www.guest-trotter.com