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Entrepreneuriat Pâtisserie CAP Libéral

Louise met la tarte au carré

PAR Louise Avril
01 septembre 2020 — Temps de lecture :4mn
Louise Avril a le nom d’une chanteuse mais exerce un tout autre art…
culinaire ! Avec sa petite équipe, elle respecte les recettes salées et sucrées, aux légumes de saison ou aux fruits, tout en redessinant les tartes au format carré ! Il y 8 mois, elle a ouvert La Tarte au Carré dans le 17ème arrondissement de Paris. L’empathie est son moteur, un rond dans un carré.
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

SW : Que représente 2020 pour toi ?

L : 2020 est la première année pleine de La Tarte au Carré, c’est donc une période importante pour moi. Forcément, le confinement a eu son impact sur le chiffre, et est tombé au moment où je m’y attendais le moins ! La Tarte au Carré commençait à trouver son rythme de croisière, j’avais prévu de recruter et d’acheter du nouveau matériel.... Mais une opportunité s’est révélée : celle de prendre du recul et d’analyser les 4 premiers mois d’activité pour mieux préparer la suite.
La clientèle a été extrêmement fidèle, dès la réouverture. Les clients du quartier reviennent toutes les semaines, et parfois même jusqu’à 3 fois par semaine ! Ils apprécient l’aspect « fait sur place », ils adorent entrevoir le labo (ndlr : les cuisines) et être si proches de la fabrication.

SW : la tarterie a plus de 8 mois, comment se sont passés les débuts ?

L : Dans la phase de projet (recherche de local, mise au point des recettes, choix du sourcing etc.), les vies professionnelles et personnelles sont assez équilibrées ; j’avais le temps de concilier les 2.
En revanche pendant la phase de lancement, la vie personnelle disparait complètement (rires).C’était très intense je faisais du 8h – 23h, 6 jours sur 7. Évidemment quand c’est son entreprise on ne compte pas ses heures et on s’investit à fond !
J’ai toujours été attirée par l’entrepreneuriat, j’y ai fait quelques stages en école de commerce. Pendant ceux-ci, j’ai compris l’importance du secteur d’activité dans lequel on souhaite évoluer... J’ai eu envie de monter mon entreprise dans un secteur qui me passionne : la pâtisserie ! C’est pourquoi après l’ESSEC, j’ai souhaité passer un CAP pâtisserie. J’aimais bien l’idée de tarterie,: un concept classique et réconfortant. J’ai eu l’idée d’apporter une touche d’originalité avec une forme carrée qui permet de composer des damiers de tartes et de jouer avec les goûts et les couleurs.

SW : Pourquoi l’entrepreneuriat t’interpelle tant ?

L : C’est une histoire de famille. Mes parents ont des professions libérales et sont à la tête de leurs entreprises. Les similarités sont fortes : la liberté, la prise de risque et l’investissement personnel. Très tôt chez moi, s’est exprimé le besoin d’être ma propre patronne, de décider par moi-même. J’ai testé le salariat, mais je ne m’y sentais pas à l’aise. Devoir rendre des comptes, poser des congés, respecter des horaires… sont autant d’aspects que je vivais comme des restrictions.
Mes parents m’ont tout de suite soutenue et encouragée dans ma démarche entrepreneuriale. D’ailleurs cet engagement de vivre de ma passion a inspiré ma mère. Elle-même a décidé d’amorcer un grand changement, à près de 50 ans. Elle a quitté son activité d’avocat pour créer sa marque de joaillerie circulaire. Une superbe expérience de vie !

« Je commence à rechercher un deuxième point de vente, plus grand, que je souhaiterais ouvrir en septembre 2021. Le concept marche bien et pourrait plaire à une clientèle de quartier différente. »

SW : Aujourd’hui, quels sont tes projets ?

L : Je commence à rechercher un deuxième point de vente, plus grand, que je souhaiterais ouvrir en septembre 2021. Le concept marche bien et pourrait plaire à une clientèle de quartier différente. L’investissement serait d’environ 300 000 euros (répartis entre reprise de bail, travaux et matériels). J’espère que ma banque me soutiendra dans mon projet et que je pourrais emprunter. Un apport personnel est requis (20% minimum) ; pour cela je compte mobiliser ma trésorerie actuelle et un apport personnel.

Cela permettrait aussi d’avoir une force de production plus forte et d’envisager les livraisons. La 1ère boutique était petite, et m’a permis de me lancer sans investisseurs. J’ai emprunté 80%des besoins, à rembourser sur 7 ans, auprès d’une banque rencontrée grâce à un incubateur. Trouver les financements a été très dur , on me disait que je n’avais pas d’expériences, que c’était trop risqué, qu’il y avait trop de concurrents dans ma zone de chalandises… Aussi, les banques cherchent beaucoup de garantie, par le nombre d’années d’expérience dans le secteur ou le profil des personnes qui se portent caution. J’ai été très déçue par l’écart entre le discours marketing des banques, qui cherchent à attirer les entrepreneur.e.s, et la réalité.

« Je suis plus sereine que par le passé. 50% de mon épargne a été investie placée dans la première tarterie, et le reste m’a permis de constituer un 'petit matelas financier'. J’ai pu me verser un salaire dès le premier mois , un smic et j’en suis fière ! »

SW : Penses-tu avoir toutes les cartes en main pour les réussir ?

L : Je suis plus sereine que par le passé. 50% de mon épargne a été investie placée dans la première tarterie, et le reste m’a permis de constituer un « petit matelas financier ». J’ai pu me verser un salaire dès le premier mois , un smic et j’en suis fière !Aujourd’hui j’essaye de me payer plus parce qu’il est important pour moi de me valoriser. Bien sûr quand on est entrepreneur le salaire n’est pas fixe tous les mois et on s’adapte aussi à l’actualité (la covid-19 par exemple). Le salaire est important, que l’on fasse partie d’une entreprise ou que l’on soit à son compte. Il récompense un travail et un investissement personnel, presque physique.

SW : Comment qualifierais-tu ton expertise financière ?

L : Ce n’est pas mon domaine de prédilection ! Je suis plus attirée par Les investissements en dur (mon entreprise, des murs, un outil de production, un appartement etc.) que des investissements en bourse par exemple.

Et enfin, peux-tu compléter la phrase suivante
« Aujourd’hui plus que jamais, je veux… »

L : Continuer de faire plaisir, et de me faire plaisir.

Julie : préserver l’existant
Louise Avril La tarte au carré25 Rue Legendre, 75017 Paris www.latarteaucarre.com