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Entrepreneuriat Solidarité Épargne

Leah : chaque petit geste compte

PAR Leah Weil
19 août 2020 — Temps de lecture : 4 mn
Leah Weil est la productrice de Bande Organisée, un studio de création de films publicitaires, de marque et de contenu, qu’elle a co-fondé avec 3 autres associés. Ces gentils mafieux mettent savamment en images et en sons des concepts et des histoires. Bande réorganisée depuis le confinement, un lien de confiance étroit existe entre eux. Leah crée, fait et décide avec ou pour les autres. Cela est vrai pour son travail qu’elle adore, son foyer, ses finances et ses actions solidaires. Elle est la bienfaitrice qui officie masquée.
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

SW : Comment as-tu vécu le confinement ?

L : Au sein de Bande Organisée, le télétravail a eu ses limites ; le cœur de notre métier consiste à fabriquer des films qui souvent passent par des tournages. Nous sommes une petite structure, qui peut autoproduire (matériel et compétences internes), mais nous avons aussi beaucoup de partenaires externes : les graphistes, les acteurs, les voix-offs etc. Tout le secteur a été impacté.
Notre premier réflexe a été de montrer notre engagement : attester que nous pouvions faire des films différemment, communiquer sur l’importance du rester chez soi... Nous avons pris des nouvelles des clients, pour savoir si tout le monde se portait bien. De la contrainte, nous avons essayé de tirer de nouvelles idées, de nouvelles façons de réfléchir...

SW : Très tôt dans le confinement, Bande Organisée a partagé une vidéo de Paris vide sur les réseaux sociaux. Peux-tu nous en dire plus ?

L : Nous avons l’habitude de réaliser un film par an pour présenter notre agence. Thibault (l’un des associés) avait proposé l’idée de Paris apocalyptique. Il a été produit en mars 2019 ; le réalisateur a trouvé des plans vides (coins de parking, angle de rue etc.), dans des lieux habituellement très fréquentés comme Montmartre par exemple. La musique est alarmante avec un montage « cutté ».
Rentrés en confinement, l’évidence s’impose : utiliser ces images pour véhiculer les messages importants. Nous avons décidé de substituer 1 logo sur 2 par le tag « restez chez vous » diffusé par le gouvernement et les médias. Il apparait sur un bâtiment, un angle, un trottoir…

SW : Selon toi, qu’est-ce qui va durablement changer après cette crise ?

L : Prendre les décisions professionnelles reste challengeant. Il y a beaucoup à reconstruire, mais surtout il y a tant à faire et à gagner.
Sur le plan humain, je pense que les comportements solidaires sont naturels, avec ou sans crise. Par exemple, on m’a raconté que dans un immeuble, les jeunes qui avaient emménagé quelques jours avant le lock-down, avaient mis un mot dans l’ascenseur pour proposer de faire les courses de leurs voisins. Les natures altruistes ou égoïstes se sont révélées ou décuplées.
Pour moi, il est fondamental de s’assurer que les personnes esseulées et/ou que l’on aime, se sentent bien. J’ai la chance d’avoir ma grand-mère en vie. Elle était confinée isolée, et cela a été une grande douleur de savoir qu’aucun.e de ses voisin.e.s ne soit venu.e taper à sa porte. Comment être utiles quand nous ne sommes ni médecins, ni pharmaciens, ni caissiers, ni éboueurs etc. ? Avec mon conjoint, nous avons décidé de nous inscrire à une association de quartier pour aider ceux.celles qui n’étaient pas en mesure de sortir. Nous avons fait leurs courses, les avons appelés pour connaître leur état de santé etc. Très mignonnement, l’une d’entre elles dit avoir gagné un neveu et une nièce.

« Professionnellement, nous sommes en plein challenge. Il faut solliciter les clients, et recommencer à démarcher, comme si notre société était neuve ! »

SW : Aujourd’hui, quels sont tes projets ?

L : Commencer par voir les gens que j’aime et qui m’ont affreusement manqué. Permettre à mon fils unique de côtoyer d’autres enfants et de créer du lien social. Professionnellement, nous sommes en plein challenge. Il faut solliciter les clients, et recommencer à démarcher, comme si notre société était neuve ! Faire naitre le positif comme au début, avec la même âme… Nouvelle motivation, nouvelle énergie, comme une bagarre positive avec soi-même.
Continuer d’évoluer en se questionnant : comment produire différemment ? Comment produire green ? Depuis le début de Bande Organisée Studio, on essaye de minimiser notre impact. Faire des petits gestes qui regroupés feront une économie écologique : moins de plastique, moins de déplacements, des équipes réduite et multi-tasquées…

SW : Comment épargnes-tu ?

L : J’ai la chance d’être propriétaire, je le vis comme une épargne.
Aussi, j’ai des titres que j’ai achetés. Je n’arrive plus à me rappeler si j’ai une assurance vie… En tout cas, j’ai différents comptes d’épargne avec des conditions spécifiques. Tous les mois, même les plus difficiles de ma vie, j’avais un prélèvement de mon compte courant vers mon compte d’épargne. On m’a appris qu’il fallait toujours mettre un peu d’argent de côté ; c’est un mode de vie.

SW : Qui t’a appris à épargner ?

L : Mes parents, mais aussi 3 ou 4 amies. Dès le début de la vie active, nous échangions sur ces sujets. 10 ans se sont passés, certaines ont eu de très beaux postes donc de très bons salaires. Chacune à son échelle partage ses bons tuyaux. Aujourd’hui, ces décisions sont différentes car la plupart d’entre nous sommes en couple. Les décisions sont prises à 2 ; mais la confiance entre filles est restée.

Et enfin, peux-tu compléter la phrase suivante
« Aujourd’hui plus que jamais, je veux… »

L : … que chacun.e à son échelle fasse un peu plus que ce qu’il.elle avait l’habitude de faire. Cela ne réglera pas la crise, mais aidera déjà beaucoup.

Leah Weil Productrice chez Bande Organisée https://bandeorganisee.com/