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Entrepreneuriat Epargne Mobilité

Olivier : à pleine vitesse à Bordeaux !

PAR Olivier Aureille
04 août 2020 — Temps de lecture :4mn
La plage est à 45 km en scooter, et le centre-ville de Bordeaux n’est pas plus loin. Olivier Aureille, nous reçoit sur la route d’Arcachon. Après 10 ans chez L’Oréal, il a pris l’autoroute de l’entrepreneuriat et a co-fondé Yego Bordeaux : un service de location de scooters électriques sans abonnement, dans la 3ème ville la plus embouteillée de France. Partage d’expérience 2 ans et demi après ce virage, et quelques semaines après le dé-confinement.
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

SW : Comment se passe la crise sanitaire 2020 pour toi ?

O : J’ai 2 enfants (bientôt 7 ans et 4 ans) et nous voulions respecter les recommandations à la lettre. Même si notre région n’a pas été trop touchée, nous avons tout de suite pris des mesures, et ce 2 jours avant le confinement, en plein week-end d’élections.
D’un point de vue sanitaire, j’ai aussi rapidement envoyé des directives aux salariés, en autorisant le télétravail. Puis, quand cela a été officiel, tout le monde a été envoyé chez soi.
Et nous sommes rentrés dans des questionnements économiques : comment faire pour sauver la boite ? Avec 2 ans d’ancienneté, Yego Bordeaux restait assez fragile.

SW : Quel est le business model de Yego ?

O : En 2016, avec mes associés, nous avons eu l’idée de mettre un service de scooters électriques à Bordeaux en sharing. Une option alternative entre les transports en commun et le véhicule individuel polluant, physiquement et au niveau sonore élevé. A cela s’ajoutait le défi de notre époque, qui est la mobilité. A Bordeaux, il y a énormément d’embouteillages !
Nous avons alors analysé le marché. Tout de suite, nous avons accroché avec la marque et le concept Yego, créées par des français, à Barcelone, il y a 5 ans. Donc nous avons lancé une franchise ; avec 15 premiers scooters dans la rue début 2018.
Grâce à une application mobile, l’utilisateur peut identifier le scooter le plus proche, puis le réserver et réaliser son trajet… faire une pause ou le restituer pour le suivant. Sans abonnement, sans droit d’entrée, seul ce qui est consommé est payé.
Le look est hyper sympa : un peu vespa italienne, avec un côté Dolce Vita… Yego est conçu pour 2 : parfait pour la drague ou pour partager des coûts (rires) ! L’état d’esprit plait aux bordelais ; ils adorent le côté rétro à l’opposé des codes classiques de l’électrique.

SW : Aujourd’hui, quels sont tes projets ?

O : A court-terme : remettre à flot Yego, et de devenir rentable. Après 2 ans d’activité, plus de 200 scooters et 50 e-stands (trottinettes larges, stables et robustes), le break-even devrait pouvoir être atteint d’ici la fin de l’année. Sauf, si l’on se prend un nouveau coup dans l’aile…
A moyen-terme, dès que je pourrais me le permettre, je souhaiterais acheter un bien immobilier dans la région. J’ai les apports suffisants pour y prétendre, mais le statut d’entrepreneur n’aide pas. Dans notre cas, il faut fournir plus de garanties aux banques. En moyenne, elles demandent trois ans de bilans positifs pour t’allouer un prêt personnel.
Psychologiquement, c’est dur quand on sait que l’on crée de l’emploi et favorise l’économie….

SW : Est-ce une pression supplémentaire que d’être entrepreneur et d’avoir une famille ?

O : : Avec la crise, oui. Dans ce contexte, j’ai l’impression de moins protéger ma famille qu’en étant salarié. Franchement, je trouve cela injuste. Aujourd’hui, la réflexion est réellement sur la table : revenir dans le système ou m’investir encore plus, en continuant de créer une prévoyance ?
En quittant mon poste de Responsable Service Clients de L’Oréal Luxe, j’ai décidé de sauter dans le vide sans rien. Je me suis acheté du temps pour réfléchir à un projet.
Au début, il faut se distancier de la partie financière, même si ce n’est pas simple. En France, il y a des solutions : la rupture conventionnelle qui permet de mettre de côté, le chômage qui offre une sécurité, les aides, la réduction progressive du temps de travail etc.
Mon conseil est de se fixer une deadline personnelle en fonction de son âge, de sa vie de famille etc.

Pour les jeunes célibataires, ce n’est pas forcément plus facile de se lancer. Ils n’ont pas de piliers pour les soutenir.

Aujourd’hui, ma femme m’incite à prendre du recul, à faire du sport… ou tout simplement à me rappeler de manger... Avoir des enfants donne plus de sens aussi...

SW : Quel est ton profil de risque ?

O : Rock&Roll ! (rires) Avec le temps, cela se calme… encore que ! Même chez L’Oréal, quand on m’a proposé d’aller au Japon 6 mois après Fukushima, je me suis dit « allez, on le tente ». (rires)

SW : Comment se structure ton épargne aujourd’hui ?

O : Nous avons chacun une assurance-vie. Mais surtout, nous n’avons que peu touché à nos précédentes épargnes salariales. C’est une sécurité pour les besoins des enfants (sport, études etc.), pour un achat de bien immobilier, ou dans le cas d’un coup dur et du lancement concomitant d’un nouveau business.

SW : Quel parcours de vie t’inspire ?

O : Il y a un grand coach français de leadership et de performance, un peu barge que j’adore, et qui s’appelle Franck Nicolas. A la tête de plusieurs grosses entreprises, il donne une partie de ses gains à des associations…
J’adore aussi Branson, le CEO de Virgin, qui est fun mais reste un businessman très engagé et sérieux. Globalement, tous les entrepreneurs m’inspirent. Tous ceux qui se sont lancés : le propriétaire du bar tabac, ou le gars qui a monté une multinationale, tant qu’ils ont créé de l’emploi et une valeur différente.

Olivier Aureille Président de Yego Bordeaux https://www.facebook.com/YEGObordeaux/