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Entrepreneuriat Covid-19 Hospitalité

Katinka : A chacun son talent, à nous tous d’agir

PAR Katinka Sarkozy
17 juillet 2020 — Temps de lecture :5mn
Certains hôtes sont les maîtres de l’hospitalité, ils soignent les plats, le décor et l’ambiance. Katinka est de ceux-là ! Clients, collaborateurs ou partenaires de KIKOFF (son agence digitale), interviewés ou followers de @MySecretAddresses (son compte/blog d’influenceuse food) ; tous sont reçus avec bienveillance dans le respect de leur singularité. « La vie est un puzzle, nous sommes tous complémentaires et pouvons-nous entraider.» Une philosophie comme une bonne recette de famille. Katinka, qu’est-ce qui mijote dans ta marmite ?
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

SW : Comment se passe la crise sanitaire 2020 pour toi ?

K : Les montagnes russes ! Au début, il y a eu l’appréhension économique. J’ai monté une agence 100% digitale, KIKOFF, il y a 1 an et demi, spécialisée dans le community management (ndlr : stratégie et gestion des réseaux sociaux), l’influence, la formation aux réseaux sociaux, et la création de contenu (site internet, charte graphique, etc.). Souvent, la communication est la cinquième roue du carrosse : le poste que les marques coupent en premier en cas de crise. Forcément, mi-mars je me suis donc posée beaucoup de questions, comme beaucoup j’imagine…
Dès l’annonce du confinement, j’ai appelé par sécurité mon comptable pour anticiper les salaires (2 freelances et 1 CDI) et essayer d’obtenir les aides étatiques, finalement impossibles. Nous avons beaucoup travaillé pendant cette période, voire plus qu’à la normale. En plus des missions déjà existantes et des nouvelles, nous avons passé du temps à rassurer nos clients !
En avril, 70% d’entre eux ont répondu présents ; ceux perdus étaient des restaurants qui avaient vraiment le couteau sous la gorge... Côté missions, nous avons trouvé de nouveaux moyens pour communiquer sur des lieux fermés (salles de sport, instituts, restaurants, etc.). C’est quand on est dos au mur, que naît la créativité. On devient davantage force de propositions.
En mai, nous avons rebondi avec des stratégies innovantes qui ont fait notre réputation et nous ont permis de signer de nouveaux contrats. Juin est en bonne voie et juillet aussi…Le reste est encore flou, step by step est ma nouvelle devise.

SW : Selon toi, qu’est-ce qui va durablement changer ?

K : J’espère que la consommation sera plus locale avec un soutien des restaurateurs, des petites marques, des producteurs français et de notre entreprenariat. J’imagine que le lifestyle et les voyages vont changer également. Comment partir loin de chez soi après avoir vécu H24 à la maison ?

Ces phénomènes ont été catalysés récemment, de même que le do it yourself. On réalise l’importance du faire soi-même ; cuisiner évidemment, mais pas uniquement. Merci à Lisa Gachet, la fondatrice de Make my Lemonade, de nous avoir prouvé pendant le confinement qu’avec un brin de folie, il est possible de repeindre ses murs, concevoir ses rideaux, mettre son papier peint, peindre son tabouret, confectionner son masque… Bref, de nous avoir prouvé que nous sommes tous des couteaux suisses (rires) !

Côté restauration, c’est compliqué. Les commissions des livreurs à domicile sont élevées, les charges aussi… 30% d’entre eux risquent de ne pas rouvrir. Ceux qui survivent, sont devenus plus agiles : ils proposent des menus entrée/plat/dessert à livrer, ou des paniers recettes avec des kits tout faits... Les gourmets achètent la sauce secrète, la qualité de la viande, le petit assaisonnement fait-maison etc. C’est une toute nouvelle dynamique, qui nous sort de notre zone de confort... Je suis curieuse de voir la suite !

SW : Souhaites-tu modifier ton comportement ou tes actions, suite au Covid-19 ?

K : Côté professionnel, mes convictions face au télétravail se sont confirmées. Je n’ai jamais aimé la pression des horaires, qui peut nuire à l’investissement personnel. Chez KIKOFF, les règles seront conservées : 2 jours au bureau pour les freelances et 4 pour Camille et moi, avec 1 jour à distance. Travailler en communauté reste indispensable pour la créativité, les brainstormings et les échanges sociaux. L’idée est d’imbriquer le présentiel et le télétravail pour une meilleure qualité de vie.

Côté personnel, et notamment pour @MySecretAddresses, il y aura du changement. J’ai envie de continuer de soutenir les restaurateurs en allant les voir. C’est ma passion. Mais, je souhaite plus de profondeur, en développant des portraits d’entrepreneurs, en dépeignant l’histoire du lieu etc. En cette sortie de confinement, nous aspirons tous à plus de transparence et d’authenticité.

SW : Quels sont tes projets pour tes structures et pour toi-même ?

K : Je réfléchis à faire grandir l’agence, en créant une direction artistique, dissociée du pôle community management et influence. J’aimerais également ouvrir un département consulting communication pour les start-ups (jeunes marques ou restaurateurs) qui ont peu de moyens et besoin d’un coup de pouce. Je cherche la formule la mieux adaptée, qui optimiserait aussi notre temps. Enfin, je réfléchis à m’associer, ou à faire rentrer des investisseurs, pour me donner les moyens de mes ambitions.
Sinon, pour moi, j’ai le projet d’arrêter d’avoir des projets (rires)! Je m’en sens incapable (rires) ! Au moins, lever le pied, profiter davantage de mon entourage. Grâce à ma superbe équipe KIKOFF, cela devient doucement possible et c’est un vrai soulagement.

SW : Comment épargnes-tu aujourd’hui ?

K : « Épargner » est un grand mot pour moi ! J’ai conscience de ne pas le faire suffisamment. Il y a 7 ans, j’ai pris la décision la plus mature de mon existence (en créant une assurance-vie (rires) ! Au quotidien, j’ai un compte courant annexe à celui de mes dépenses régulières. Tous les mois, je fais des virements ; et à la fin de l’année, 80% de la somme collectée va dans l’assurance vie et les autres sont utilisés pour les vacances et le plaisir. Ce n’est pas forcément le mieux, mais c’est ma façon de faire !

SW : Penses-tu que ton expertise financière se développe avec le temps ?

K : Avec mon entreprise, j’apprends tous les jours. Avant je redoutais de mettre le pied dans ces questions, maintenant j’ai les 2 directement dans le plat (rires) ! Je suis phobique de l’administratif, donc j’ai pris un expert-comptable. Mais j’ai à cœur de comprendre. Parfois, je lui fais des mails pour qu’il traduise son charabia. Et pour qu’il ressente la même sensation, je joins des slides digitales avec plein d’abréviations (rires) !
Je rêve que SPAREWELL crée un moteur de recherches, dans lequel on pourra taper un mot financier pour qu’il nous soit expliqué dans un vocable tangible !

SW : Quels initiatives ou parcours de vie t’inspirent ?

K : Je respecte ceux qui ont la capacité de sauter dans le vide, de faire et défaire pour refaire. Entrepreneurs, intrapreneurs pour des marques, ou acteurs solidaires. Je crois vraiment en l’investissement personnel, et en la collaboration de confiance. Respecter ses points de force, ceux des autres, comprendre les complémentarités et créer un effet boomerang positif.