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Epargne Solidarité Famille

Guillaume : tout mais différemment

PAR Guillaume Thévenin
07 juillet 2020 — Temps de lecture : 3 mn
Les poètes imaginent la vie et mettent en rythme les idées. Guillaume Thévenin est l’un d’entre eux. Il aime la beauté du quotidien, des moments de convivialité et de flânerie. Il décrit avec précision les sensations, comme des peintures. « Tout mais terriblement » disait l’une de ces inspirations, Yves Saint Laurent ; « tout mais différemment » répond ce père de 4 enfants (2 ans et demi, 7 ans, 10 ans et 12 ans), suite au virus 2020. A bientôt 40 ans, consultant en télétravail, il confie sa philosophie de vie. A méditer.
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

SW : Comment se passe la crise sanitaire 2020 pour toi ?

G : Comme un vacancier sur une plage de Thaïlande le 26 décembre 2004, j’ai vu à l’horizon la vague sans comprendre : la Chine qui isole des millions d’habitants, l’Italie qui confine des régions entières… les yeux pourtant ouverts, je ne voyais pas cette suite inéluctable : le confinement de notre pays, puis de la moitié de la planète !
Comme un vacancier sur une plage de Thaïlande, c’est une fois dans le rouleau que j’ai compris l’ampleur de la crise. La gestion nationale a eu pour conséquence immédiate et concrète de m’accaparer entièrement. Sans crèche, sans école, sans nounou, j’ai mis en place un nouveau mode de vie familiale avec comme priorité le bien-être des enfants, et comme exigence la poursuite des apprentissages scolaires à la maison. Les 3 aînés sont plus autonomes ; j’intervenais pour résoudre les problèmes techniques : les impressions de devoirs, les connections aux conférences… J’étais aussi là pour reprendre les notions et les expliquer. Quant au plus petit, l’appartement était devenu son terrain de jeux : gratter la peinture des meubles avec une râpe à fromage, vider une huile dans la salle de bain… pour limiter les catastrophes j’avais rapidement condamné les placards les plus dangereux !

SW : Une vie de famille rock&roll, qu’en était-il de ta vie professionnelle pendant le confinement ?

G : Je suis marié à une femme, avocat d’affaires, spécialisée dans les entreprises en difficultés. Urgentiste économique, elle travaille de 9h à 1h du matin, tous les jours !
J’ai fait depuis plusieurs années le choix de la liberté et de l’équilibre, en travaillant avec un petit nombre de clients, dans le cadre de missions de conseil en stratégie sur-mesure, qui peuvent se prolonger dans l’accompagnement de leur mise en œuvre.
J’ai une aisance dans le mode d’organisation. L’important pour moi a été de ne pas rompre le lien avec mes clients et mes prestataires.

SW : Selon toi, qu’est-ce qui va durablement changer, en France ?

G : Moralement et économiquement, la France est affaiblie. Les valeurs historiques de notre belle République sont des guides. La solidarité, la fraternité, qui a permis à notre société de résister et sur laquelle nous devrons compter pour la reprise.
La liberté évolue dans ce contexte où la distanciation physique est devenue un nouvel impératif social. Après le confinement, elle n’est plus un acquis.
Enfin l’égalité nous ramène à la condition humaine.
La crise nous a montré que nous étions capables de nous adapter au-delà de l’imaginable. La France a l’opportunité d’engager des transformations qu’elle n’aurait pas osé penser jusqu’à présent sur 2 aspects essentiels notamment, la solidarité et le respect de l’environnement.

SW : Aujourd’hui, quels sont tes projets ?

G : Nous avons finalisé 2 achats de petits appartements qui sont une façon de préparer les années à venir pour nos enfants. Les faibles taux d’emprunts d’avant virus, 0,95% sur 20 ans, et les loyers, qui couvrent 70% des mensualités, nous permettent de réaliser ces opérations : 800 000 euros au total, avec 10% donc peu d’apports et des remboursements limités.
Nous avons investi, il y a 3 ans, dans un appartement, à Paris, face au jardin du Luxembourg, avec un jardin privatif. Dans un très mauvais état, nous avons négocié un prix raisonnable, en prévoyant un budget conséquent de travaux, environ 18% du prix. Aujourd’hui, ce projet montre toute sa pertinence. Vivre bien chez soi est un plaisir de chaque jour.
Nous envisageons un agrandissement par rachat d’un appartement voisin à réunir au nôtre. Là encore l’enjeu sera de mettre en valeur un espace dont le potentiel n’est pas pleinement exploité.

SW : Penses-tu avoir toutes les cartes en main pour réussir ?

G : On n’a jamais toutes les cartes en main, surtout quand on croit les avoir. Ce ne doit pas être un prétexte pour ne pas se lancer, il faut accepter les incertitudes et s’adapter.

SW : Quelles initiatives ou parcours de vie t’inspirent ?

G : Je viens de terminer Les racines du Ciel de Romain Gary. Ce roman raconte le combat d’un français en Afrique Equatoriale pour la sauvegarde des éléphants. La lutte solitaire de cet homme simple m’inspire. A presque 40 ans, une partie de ma vie est déjà derrière moi. Ce constat n’est pas renoncement, j’espère trouver des projets utiles au sens d’une amélioration sociale et environnementale.

SW : Et enfin, peux-tu compléter la phrase suivante
« Aujourd’hui, plus que jamais, je veux … »

G : Flâner le nez au vent, avec mes amis, ma famille ; nager dans une mer cristalline puis laisser l’eau s’évaporer au soleil et le sel cristalliser sur ma peau.

Guillaume : tout mais différemment