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Entrepreneuriat ESG Epargne

Marie : 100% entrepreneuse

PAR Marie Soudré-Richard
06 juillet 2020 — Temps de lecture : 4 mn
Impossible de décrire Marie Soudré-Richard en quelques mots tellement cette femme est talentueuse et visionnaire. Slasheuse ? Trop galvaudé. Entrepreneure ? de tout son être ! Marie a les idées claires, et la pensée assertive. A la tête de Cool Cloud, un accélérateur de business qu’elle a pensé comme un studio réunissant entrepreneurs, experts digitaux et étudiants, elle nous livre sa vision du post Covid-19 et sa structure d’épargne. « Être positif dans une situation négative, n’est pas être naïf. C’est être leader ». C’est parti !
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

SW : Comment se passe la crise sanitaire 2020 pour toi ?

M : Je ne sais pas encore ! Bien pour le moment car j’ai la chance d’avoir des amortisseurs : une famille, un mari et deux enfants en bonne santé avec qui j’ai été heureuse d’être confinée !
Professionnellement, je suis entrepreneure, mais mes missions et mes projets sont concentrés sur des sujets d’innovation et de prospective. Même si la crise touche les entreprises et les secoue dans leur équilibre financier, elles vont devoir pivoter leur organisation et leur business model… et donc innover !

SW : Donc selon toi, la crise générera des changements durables …

M : Carrément ! En matière d’offre : le pair à pair n’est plus une vue de l’esprit. Les clients savent l’impact de l’intermédiation sur le prix ! Ils veulent du proche, retrouver un rapport avec les producteurs, revenir à la source … vraiment ! les nouvelles technos permettent ce rapprochement.
Aussi, la décroissance pointe son nez. Notre désamour naissant de la surconsommation va rabattre les cartes des systèmes de production.

SW : Dans ce contexte, quelles sont les perspectives pour toi et pour ta structure ?

M : Je vais chercher à gagner des appels d’offre qui ont du sens. Via des missions ou via le fonds d’investissement que je suis en train de créer, je vais me concentrer à aider des entreprises qui veulent réellement se transformer, c’est-à-dire revoir leur logique de P&L (profit et perte) et leur metrics.
Demain, un business sain sera prêt à encaisser les chocs sans coups de volants. La production ne tournera plus pour rien !

« Si je deviens investisseuse c’est parce que je souhaite co-designer et coacher le fonctionnement des entreprises avec chaque participation. Comme un incubateur … »

SW : Est-ce que tu peux nous en dire plus sur le fonds d’investissement que tu es en train de créer ?

M : Tu me donnes l’occasion de tester notre thèse d’investissement ! « Shaping the future of consumer goods » est notre motto. Les investisseurs ont souvent en désamour le retail, alors que cette industrie n’est pas prête de disparaître ! Les modèles actuels sont totalement dépassés : consommation de cash beaucoup trop risquée, sur-production, manque de créativité lié à la frénésie des calendriers… Nous souhaitons investir sur des entrepreneurs favorisant l’émergence de nouvelles tendances de consommation au travers de la créativité, la technologie et la science.
Un collectif d’operating partners a été réuni pour accompagner les participations et, en plus, les guider dans leur politique ou transformation RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale). Certains niveaux de financement sont même conditionnés à des objectifs RSE. Par exemple, dans le cas d’une entreprise de mode, il faut qu’elle ait relocalisé une partie de sa production en France et qu’elle contribue à l’écosystème régional.
Si je deviens investisseuse c’est parce que je souhaite co-designer et coacher le fonctionnement des entreprises avec chaque participation. Comme un incubateur …

SW : Dans les grandes lignes, comment se structure ton portefeuille d’épargne personnel ?

M : La plus grosse partie est en safe : une assurance vie et un PEA pour les investissements dans des start-ups. Je continue à faire du mentoring dans les accélérateurs ou incubateurs pour me constituer un deal flow (ndlr : proposition d’investissement apportée par des relations personnelles aux start-ups).
Je veux sécuriser une partie de mon patrimoine pour le donner à mes enfants et en même temps, je veux vraiment investir une partie dans des valeurs early stage qui ont du sens. Pour moi cela passe par de l’innovation/disruption, par essence très risquée. Donc, je suis prête à me « louper » sur disons… 5% de mes placements !

SW : Est-ce que tu as un conseiller expert qui t’aide au sur ces sujets ?

M : Nous avons une conseillère. Elle nous a aidés sur des questions fiscales précises pour commencer et elle a gagné notre confiance. Donc, Clara, notre fiscaliste est devenue notre Conseillère en Gestion de Patrimoine ! Sa disponibilité est top ! En revanche, elle n’est vraiment pas équipée en termes d’outils de suivi … on échange encore trop de tableaux Excel !
Au début, c’est assez intimidant… non pas de parler d’argent… mais de parler de sa vision et de la confronter avec celle de son conjoint. C’est un peu l’épreuve du feu… « ils s’aimaient ils avaient tout, même l’argent mais leurs visions de la retraite n’étaient pas les mêmes …. Et là c’est le drame ! » (rires).

SW : Vous êtes alignés, heureusement. Quels conseils donnerais-tu à un millénial qui souhaite épargner aujourd’hui ?

M : Ouvre une assurance vie ! Et puis, fais-toi aussi plaisir avec ce qui a du sens pour toi ! Fais un tableau Excel en listant les causes environnementales et sociales qui te touchent, et note-les, de 1 à 10. Cela t’aidera à visualiser celles que tu es vraiment prêt.e. à soutenir, avec du temps ou de l’argent ! Définis ton projet et regardes à quelle échéance tu vas avoir besoin de récupérer cet argent. Surtout, ne place que ce dont tu n’as pas besoin ; comme une start-up qui lève des fonds, et à qui on conseille toujours de garder une sécurité. Avec le Covid-19, tu l’auras compris, il faut absolument garder un matelas, sinon cela peut être une vraie cata !

SW : Quels initiatives ou parcours de vie t’inspirent ?

M : Mon copain Romain Pilliard, qui a racheté le bateau d’Ellen MacArthur. Il l’a retapé, 100% re-use et participe à des courses de bateaux comme la route du Rhum pour évangéliser sur l’économie circulaire. Sparewell veut le rencontrer ?!

Marie : 100% entrepreneuse

Marie offre également 5 mantras pour se lancer dans l’entrepreneuriat, à lire ici !