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Le CAC 40 reprend sa croissance, un premier semestre 2021 record

07 septembre 2021 — Temps de lecture :3mn
L'indice français CAC 40, est composé des fleurons économiques de l'hexagone. A la fin de ce premier semestre 2021, malgré la persistance de la crise sanitaire, le CAC 40 démontre solidité et résilience avec des performances incroyables au premier semestre 2021. Certaines entreprises dépassent déjà leur résultat d’avant crise, et ont revu leurs ambitions à la hausse. Laboratoires pharmaceutiques, banques et assurances mais aussi géants du luxe voient leur chiffre d’affaires dans le vert. Investigation.
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

Après une année 2020 rarement complexe, les entreprises et groupes du CAC 40 voyaient leurs profits dégringolaient à 37 milliards d’euros, soit - 54 %. En 2021, en 6 mois à peine, ils font déjà plus : 50 milliards de profits pour être précis. Cette croissance est même supérieure à celle du produit intérieur brut français et mondial, confirmant une tendance pré-Covid-19.

Le meilleur premier semestre du CAC 40 depuis 20 ans

Pour mettre en perspective cette performance, prêtons-nous au jeu des comparaisons : l’indice connait une croissance similaire à celle du S&P 500 américain (+ 17,6 %) [ndlr : indice basé sur 500 grandes sociétés cotées sur les bourses américaine] et supérieure à celle de tous les autres indices européens : le DAX allemand, le MIB italien et le FTSE anglais à +14 %.

Le célèbre « quoi qu'il en coûte » du Président Macron a permis ce record du CAC 40. Les solutions d’activité partielle et de financement (comme le PGE), couplées aux actions européennes de soutien – à l’instar de la Quantitative Easing de la BCE et du plan de relance de 750 millions d'euros – ont été fondamentaux.

Les maisons de luxe en tête de peloton

Sur le premier semestre 2021, le titre Hermès progresse de 40 % et LVMH de 30 %. Porté par le phénomène du Revenge Buying, les résultats des groupes de luxe sont décadents et les investisseurs ne s’y trompent pas. Le poids des acteurs du luxe est tel qu’ils représentent désormais près d'un tiers de la capitalisation du CAC 40.

Dans un poste LinkedIn, Eric Briones, Planneur Stratégique français que l’on ne présente plus et Auteur Luxe & Résilience, commente l’annonce des résultats du groupe LVMH par son président Bernard Arnault : « Acte symbolique, la croissance [du] groupe est si puissante (+14%), qu'elle est calculée en prenant pour base l'année 2019 et non comme voudrait la tradition l'année précédente, la maudite année 2020. La facilité aurait été d'afficher une croissance à 3 chiffres (4 fois supérieure) comparée à l'année 2020. Non, quand on est fort on se compare avec les forts, on ne tombe pas dans la facilité, ni surtout dans l'insolence. »

« les particuliers ont acheté 4 fois plus d’actions françaises comparativement à la même période en 2019 »

CAC 40 : atteindra-t-on le record absolu en 2021 ?

Aujourd’hui, le niveau de valorisation des marchés européens est moins élevé que celui des américains. Cela rend le marché attractif et pourrait jouer en faveur de la performance du CAC 40.

Sur le marché des actions, les analystes scrutent la prime de risque pour évaluer l’attrait d’un titre ou d’un secteur. Elle constitue la différence de rendement, en pourcentage, entre un placement sûr (comme les Obligations Assimilables au Trésor) et un autre, jugé plus risqué (comme une action). La prime de risque s’ajuste en fonction de la sensibilité de chaque action sur son marché de cotation. Aujourd’hui, celle du CAC 40 est aux alentours de 5.5% quand elle se place historiquement autour de 3%. Le retour à ce niveau donne un potentiel d'appréciation de l'indice du CAC 40.

D’autant plus que les Français privilégient de plus en plus l’investissement en Bourse pour leur épargne. Les tickets d’entrée bas de la chute vertigineuse de 2020 ont favorisé l'arrivé de nouveaux entrants. En mars 2020, les particuliers ont acheté 4 fois plus d’actions françaises comparativement à la même période en 2019. Notamment, la part des unités de compte dans les assurances-vie continue de progresser significativement.

Mais il convient d’être prudents puisque 3 facteurs peuvent influencer négativement. D’abord, la saisonnalité du mois d’août nous incite à être prudent. En 1990, 1998 et 2011, le CAC 40 a connu des krachs assez bruts et inattendus (respectivement -14%, -12% et -11%). Pour l’instant, rien n’a signalé mais le mois n’est pas terminé et la volatilité est forte.

Ensuite, tout dépendra d'une éventuelle quatrième vague de COVID après l'été indien. Pour le moment les marchés écartent ce risque.

Enfin, le risque d'une inflation non maîtrisée cultive les craintes de certains investisseurs. Ils redoutent une adaptation d’urgence des taux d'intérêt de la BCE et la fin de sa politique accommodante.

En conclusion…

La performance du premier semestre 2021 marque un record pour le CAC 40. Les maisons de luxe, les entreprises de banques et d’assurances notamment drivent la croissance. Certains facteurs pourraient inciter à croire que la croissance va se pérenniser et assurer une performance annuelle historique. Mais les risques de contagion et de quatrième vague ainsi que certains doutes prédisent un second semestre plus modéré. La Bourse repose en partie sur l’émotionnel et l’aversion au risque des investisseurs, il n’y a donc pas de sciences exactes. Seul l’avenir nous le dira.