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Espace Tourisme Fortune

Milliardaires de l’espace, la guerre des étoiles aura lieu

PAR Sparewell
04 août 2021 — Temps de lecture :5mn
Il y a déjà plusieurs années, les milliardaires Elon Musk, Jeff Bezos et Richard Branson, affichaient leur volonté d’explorer l’espace et de développer le tourisme spatial. Avec 2 vols extrêmement symboliques effectués il y a quelques jours, le fondateur d’Amazon et celui de Virgin font passer cette promesse de la science-fiction à la réalité. C’est une vraie rivalité qui rappelle l’atmosphère de course à l’espace qui régna durant la guerre froide... Mais cette fois-ci, les nombreux enjeux, principalement économiques, sont d’un tout autre ordre.
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3 projets ambitieux

La tête dans les étoiles et la main au portefeuille, du haut de leurs 400 Milliards de dollars, les 3 entrepreneurs américains relancent la conquête spatiale. Atterrir à nouveau sur la Lune, coloniser Mars, développer le tourisme spatial, autant d’objectifs fous que Jeff Bezos, Elon Musk et Richard Branson s’étaient fixés il y a maintenant une vingtaine d’années. Depuis, le secteur de l’aérospatial a dû faire de la place à Blue Origin, Space X et Virgin Galactic.
Toutes les 3 nées au tournant des années 2000, elles sont le reflet des rêves les plus fous de leurs fondateurs aux ambitions transhumanistes affichées. Ainsi, le patron d’Amazon et celui de Tesla partagent le rêve de permettre à l’humanité de quitter une Terre devenue invivable en raison du changement climatique et de l’épuisement des ressources. Elon Musk, persuadé que le futur de l’humanité sera de quitter notre planète, ambitionne d’envoyer des fusées vers Mars pour créer une colonie autonome. « Notre système solaire peut accueillir 1 000 milliards d’êtres humains. Imaginez combien cette civilisation serait incroyable et dynamique avec ses milliers de Mozart et d’Einstein » a déclaré de son côté Jeff Bezos, en parlant de sa volonté de coloniser l’espace.
Mais plus qu’un simple rêve pour mégalomanes en manque de frisson, l’accès à l’espace revêt des enjeux commerciaux majeurs.

Une course qui s’accélère

Jamais la course aux étoiles n’a été aussi intense que depuis quelques jours. Le 11 juillet dernier, le milliardaire britannique et fondateur de Virgin Galactic découvrait les sensations de l’apesanteur à bord du vaisseau Starship 2. Richard Branson fait ainsi un nouveau pas en direction du développement du tourisme spatial. Quelques jours plus tard, mardi 20 juillet, soit 52 ans tout juste après le premier pas de l’homme sur la Lune, Jeff Bezos a atteint à son tour l’espace propulsé par le lanceur New Shepard de son entreprise Blue Origin. Assurant que cette course n’était pas une « compétition », il a déclaré : « nous allons construire une route vers l’espace pour que nos enfants et nos petits enfants puissent construire l’avenir ».
Ces voyageurs de l’espace d’un genre nouveau seront rapidement rejoints par d’autres, notamment à bord de la capsule Crew Dragon de Space X d’Elon Musk. Ce vaisseau qui sert déjà à transférer les astronautes tels que Thomas Pesquet à bord de l’ISS, devrait transporter ses premiers touristes d’ici fin 2021 vers la station pour un voyage de plusieurs jours.

En quête de tourisme…

Le développement du tourisme spatial « de masse » figure ainsi en tête de liste. Blue Origin et Virgin Galactic proposent toutes les 2 des vols atteignant une centaine de kilomètres d’altitude pour quelques minutes d’apesanteur. Prix du billet : environ 250 000 dollars. Et les candidats semblent déjà nombreux, l’entreprise de Richard Branson annonçant avoir enregistré 600 réservations pour 2022 et 8 000 personnes en liste d’attente.
De son côté, Space X proposera un voyage en orbite sur l’ISS et lorgne sur la Lune et Mars. Mais le tourisme n’est qu’une des multiples facettes de cette course à l’espace.

« La diffusion d’Internet haut débit par satellite, permettant de relier la planète entière à Internet, semble être un enjeu économique majeur, à court et moyen termes. »

… et de connectivité

La diffusion d’Internet haut débit par satellite, permettant de relier la planète entière à Internet, semble être un enjeu économique majeur, à court et moyen termes. A l’heure où les smartphones règnent déjà en maîtres et où l’Internet des Objets connaît un véritable boom, la présence sur ce secteur représente un atout stratégique majeur. Elon Musk et Jeff Bezos comptent bien préempter ce marché prometteur grâce à leurs constellations de satellites (Starlink et Kuiper). En utilisant des orbites basses, ces constellations promettent une connexion partout sur Terre. Et dans cette bataille, le patron de Tesla a des années d’avance, ayant déjà lancé plus 1 300 satellites. Les tensions se multiplient entre les 2 géants qui se concurrencent sur des orbites communes, au risque de multiplier les accidents.

Le véritable Graal de l’espace

La transition numérique en cours impose un recours intensif aux métaux rares pour la production des appareils qui font désormais notre quotidien : batteries, serveurs, smartphones, etc. Or, ces matières premières sont présentes en quantités astronomiques dans l’espace proche, sur les planètes voisines mais surtout sur les astéroïdes, orbitant par milliers non loin de nous. Par exemple, celui répondant au doux nom de UW-158 contiendrait pas moins de 90 millions de tonnes de platine (valeur estimée : 5 000 Milliards d’euros), soit davantage que tout ce qui a été extrait sur Terre jusqu’à présent. Un trading devenu possible depuis le « Space Act » de 2015, signé par Barack Obama et autorisant le droit de posséder et de vendre des ressources spatiales.

« Au moment où un virus rend les déplacements terrestres si difficiles, ces rêves de voyages spatiaux semblent déconnectés de la réalité »

Déconnectés de la réalité

Au moment où un virus rend les déplacements terrestres si difficiles, ces rêves de voyages spatiaux semblent déconnectés de la réalité. Et, rêvant de libérer l’humanité d’une Terre devenue invivable, ces initiatives sont ironiquement pointées du doigt par leurs détracteurs comme des aberrations environnementales.
A titre d’exemple, un voyage à bord du SpaceShip de Branson devrait produire environ 27 tonnes de CO2, soit 4,5 tonnes par passager. Cela équivaut à plus du double des émissions annuelles de CO2 permettant, de maintenir les objectifs de l’Accord de Paris (sources : GIEC).
Au niveau de l’ISS, les chiffres s’affolent encore davantage. Un vol complet avec la Falcon 9 de Space X émettra 1 150 tonnes de CO2, soit l’équivalent de 638 ans d’émission d’une voiture moyenne parcourant 15 000 kilomètres par an…
Sans même parler des voyages au long cours, vers la Lune ou Mars, à bord de lanceurs lourds, on voit apparaître un fossé entre les efforts nécessaires en matière d’émission de gaz à effet de serre et ces initiatives pour quelques touristes au « budget CO2 » illimité.
Certains diront qu’il est temps de penser à arbitrer ce match entre les plus grandes fortunes du monde, si dans la course à l’espace, nous ne voulons pas perdre la Terre.

Milliardaires de l’espace, la guerre des étoiles aura lieu