Ce site utilise des cookies.
Les cookies garantissent une expérience de navigation optimale. Vous pouvez modifier les réglages d'acceptation des cookies pour ce site.

Entrepreneuriat French Tech Private Equity Licornes France Covid-19

Les licornes made in France

PAR Sparewell
13 juillet 2021 — Temps de lecture :4mn
Quand il s’agit de créer un business model européen et diversifié, ManoMano ne fait pas dans le bricolage. Après le tout récent tour de table de 355 millions de dollars mené par Dragoneer, sa valorisation dépasse les 2,6 milliards de dollars ! Quelques semaines avant, c’était Aircall qui était sur un petit nuage : une dernière levée à 120 millions de dollars et une valorisation à plus d’un milliard de dollars. Ces success-stories ramifient les rangs d’une espèce rare : les licornes, bleu, blanc, rouge.
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

Qu’est-ce qu’une licorne ?

Économiquement, le terme « licorne » définit une entreprise non-cotée dont la valorisation dépasse le milliard de dollars. L'expression a été inventée par une spécialiste américaine du Private Equity, Aileen Lee. Pour elle, « unicorn » renvoie à la rareté et à l'heroic fantasy, une culture totalement compatible avec celle des geeks.

Les licornes sont une espère rare, un club ultra-select, même si le nombre d’acteurs a significativement grandi ces derniers années. Aujourd’hui, CB Insights en dénombre 750 contre 134 en 2015. « Les licornes populaires et fondatrices sont Airbnb, Facebook et Google. Les variations du terme incluent les « decacorn » dont la valorisation excède les 10 milliards de dollars, et les « hectocorn » valorisées à plus de 100 milliards de dollars » précise la plateforme d’insights technologiques et d’analyse.

La France ne représente que 2% de ce classement avec 17 licornes. Les 2 dernières à rejoindre les rangs sont :

  • Aircall, entreprise de téléphonie spécialisée dans le cloud. Après sa dernière levée de 120 millions de dollars (environ 100,6 millions d'euros), auprès d'investisseurs fidèles et nouveaux, les fonds collectés dépassent désormais les 226 millions de dollars (189,5 millions d'euros).
  • ManoMano, site e-commerce spécialisé dans le bricolage et le jardin. L'entreprise a annoncé mardi 6 juillet avoir réuni 355 millions de dollars (299 millions d'euros) lors d'un nouveau tour de table pour poursuivre son développement en Europe. Par ailleurs, ManoMano prévoit "de doubler la taille de ses équipes en recrutant 1 000 nouveaux talents d'ici à la fin de 2022", selon un communiqué du groupe.
Les licornes made in France

Sources : Statista et Business Insiders

Quand faire sa levée de fonds ?

Aircall et ManoMano n’ont pas fait la levée, leur octroyant le précieux sésame, au même moment de leur histoire.

Pour la jeune licorne, l’objectif est de grandir, de se rapprocher de l’équilibre. Ainsi la dernière levée va servir à développer une offre différentiante, sans terminal, et de diversifier les sources de revenus à l’international. En 2021, la France ne représente que 15% de leur chiffre d’affaires, contre 30% pour les Etats-Unis. A l’avenir ses poids devraient encore se réduire.

Pour ManoMano, la levée a été réalisée alors que l’entreprise a atteint l’équilibre sur quelques mois en 2020, et qu’elle dispose de cash flows conséquents. « L'argent est aujourd'hui abondant et cette levée de fonds nous permet, comme les start-up américaines, d'accélérer massivement notre développement »précise Philippe de Chanville, l’un des deux confondateurs. Les 355 millions de dollars seront donc employés sur les 4 piliers de la croissance :

  • le renforcement de la présence en Allemagne et en Grande-Bretagne, deux marchés très porteurs,
  • le développement de l’offre à destination des professionnels en Espagne et en Italie.
  • l’expansion logistique afin d’asseoir le service client,
  • La scalabilité du business model 100% digital. «Nous avons fait la preuve que la plateforme développée pour la France est scalable en Europe. Mais dans chaque pays nous devons développer des spécificités locales comme le sourcing de fournisseurs, les moyens de paiement et le transport» détaille Christian Raisson, l’autre co-fondateur.
« ManoMano avait mené de front une expansion internationale et une diversification vers les professionnels du bâtiment (BtoB), bien avant le début de la pandémie.»

Un point de similarité : la pandémie comme facteur catalyseur de la croissance

Les 2 business models ont progressé avec les changements profonds conduits par la Covid-19.

En début d’année 2020, au micro du podcast Growth Makers, Jonathan Anguelov, co-fondateur d’Aircall confiait que dans un contexte de distanciation sociale « [la société] tirait son épingle du jeu, du fait du business model : proposer de la téléphonie pour les entreprises sans aucun besoin de matériel. » Les commandes de démonstrations avaient progressé de 50% dès la première semaine de confinement ! Après une prudence avérée en Q1 2021, Q2 a été extrêmement porteur pour la gestion en mode SaaS avec les nouvelles méthodologies de travail et le changement durable des organisations, marqué notamment par le travail en remote.

ManoMano, quant à elle, avait mené de front une expansion internationale et une diversification vers les professionnels du bâtiment (BtoB), bien avant le début de la pandémie. « Le marché européen du bricolage est estimé à 400 milliards d'euros dont la moitié à destination du grand public et l'autre à destination des professionnels » pose Christian Raisson. La crise a catalysé la mutation du marché. La croissance des solutions click & collect au sein des enseignes traditionnels, telles que Leroy Merlin et Kingfisher (en Angleterre), n’ont pas entachés les performances de la licorne 100% digitale ; au contraire, ses actions sont venues consolider l’éducation du consommateur européen. « La pandémie a suscité un engouement international dans le secteur du bricolage, et nous pensons que cette tendance va s'inscrire dans la durée », a affirmé de son côté Eric Jones, chez Dragoneer Investment Group, qui a participé au tout récent tour de table.

Des success stories qui attestent du dynamisme de la Tech française, et que Bruno Le Maire, Minsitre de l'Économie et des Finances, comme Monsieur le Président Macron, mettent régulièrement en exergue sur les réseaux sociaux.