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Relance Voyage Start-up

Midnight Trains : la revanche du train de nuit

PAR Sparewell
06 juillet 2021 — Temps de lecture :4mn
Le train de nuit serait en train de reconquérir le cœur d'une partie des voyageurs, désireux de prendre leur temps et de limiter leur impact environnemental. Tant et si bien que d'anciennes lignes rouvrent, et même que de nouvelles offres sont introduites ou s'apprêtent à l'être. Midnight Trains en est la juste illustration, avec une ambiance claire : repenser le voyage et offrir une expérience digne d'un hôtel sur rails.
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Le retour du Paris Nice de nuit

Depuis le 20 mai dernier, des trains de nuit relient à nouveau la capitale à la côte d'Azur. À l'arrêt depuis décembre 2017 faute de rentabilité, la ligne a ainsi été inaugurée par le Premier ministre Jean Castex, louant la “dimension écologique” de ce type de trajets. En effet, avec une durée totale de presque 12 heures (6 fois plus qu'en TGV), ce voyage se doit de proposer des alternatives crédibles et des avantages concrets aux usagers qui l'empruntent. Prévu le 16 avril puis reporté en raison de la crise sanitaire, ce lancement en grande pompe permet de « mettre en valeur un mode de transport vertueux qui participe au désenclavement des territoires. Nice est ultra connecté pour les CSP++, mais moins pour les étudiants et autres » remarque l'entourage du Premier ministre.

« 600 voitures seraient nécessaires, pour un prix estimé à
924 millions d'euros, auxquelles s'ajouteraient 60 locomotives, pour une facture totale de 1,45 milliard d'euros. »

En avant vers la relance verte

En mettant en lumière le retour de ces fameux trains, le gouvernement souhaite mettre l'accent sur la « concrétisation rapide du plan de relance » gouvernemental, qui consacre 5,3 milliards au secteur ferroviaire. Dans cette enveloppe, 100 millions d'euros sont dévolus au développement des trains de nuit, permettant à la fois de rafraîchir les voitures de nuit, mais également d'améliorer l'accueil des voyageurs et l'expérience à bord.
Par ailleurs, d'autres liaisons nocturnes devraient voir, ou revoir, le jour au cours de la prochaine décennie. Ainsi, la liaison de nuit Paris-Tarbes fera son grand retour à la fin de l'année, ouvrant la voie à « une dizaine de lignes » au total selon les vœux du Ministre délégué chargé des transports : Jean-Baptiste Djebbari. Selon un récent rapport gouvernemental sur les Intercités de nuit, remis aux parlementaires, les nouvelles lignes devraient s'articuler autour des corridors Dijon-Marseille, Bordeaux-Marseille, Paris-Toulouse et Tours-Lyon, et atteindre de grandes villes étrangères. Si ces transversales permettraient de relier des métropoles sans passer par l'Ile de France et sans prendre l'avion, le coût de la création de ces lignes est considérable. Ainsi, 600 voitures seraient nécessaires, pour un prix estimé à 924 millions d'euros, auxquelles s'ajouteraient 60 locomotives, pour une facture totale de 1,45 milliard d'euros.
Et n'espérez pas prendre vos billets demain. Il faudra patienter au moins jusqu'en 2025 pour pouvoir emprunter ces nouvelles lignes, « compte tenu des travaux importants à réaliser sur le réseau », rappelle Jean-Baptiste Djebbari.

Midnight Trains, la startup à pleine vitesse

L'initiative de la SNCF semble avoir inspiré de potentiels concurrents du groupe et notamment la nouvelle compagnie ferroviaire, Midnight Trains qui promet de vous transporter à travers l'Europe dans des trains de nuit au confort digne d'un hôtel, dès 2024. Ce pari osé a ainsi été annoncé il y a quelques semaines par Adrien Aumont, cofondateur de la plateforme de financement participatif KissKissBankBank, remportant tout de suite l'adhésion des pouvoirs publics et des partisans du slow tourisme.
Il faut dire que derrière Midnight Trains se cache Kima Ventures, le fonds du patron de Free Xavier Niel. Une caution de taille face à un défi d'envergure : concurrencer l'avion sur le moyen-courrier.

« Centrés autour de la gare du Nord à Paris, les trajets s'étendront sur 800 km en étoile à travers l'Europe, englobant des destinations majeures telles que Madrid, Lisbonne, Porto, Milan, Venise, Berlin ou même Edimbourg. »

Vers le service haut-de-gamme, des « hôtels sur rail »

C'est ainsi en misant sur le confort, et l'intimité que la jeune pousse souhaite s'attaquer à la voie des airs. Les conditions de voyage promettent d'être idéales : une cabine privative, seule, à 2 ou 4 avec un service de restauration de qualité. « Le train est le moyen de transport le plus durable, donc on essaie de réinventer cette expérience avec des chambres privatives, des bonnes literies, un beau restaurant. Il faut mettre le paquet si on a envie que les gens quittent l'avion pour monter dans le train », déclare Adrien Aumont.
Centrés autour de la gare du Nord à Paris, les trajets s'étendront sur 800 km en étoile à travers l'Europe, englobant des destinations majeures telles que Madrid, Lisbonne, Porto, Milan, Venise, Berlin ou même Edimbourg.
Finalement, alors même que le Sénat examine le projet de loi « Climat et Résilience » qui vise entre autres, à privilégier le rail à l'avion pour les distances courtes, le sénateur écologiste, Ronan Dantec voit dans cette nouvelle compagnie ferroviaire, le symbole d'un changement d'époque. « Ça montre en tout cas que les enjeux écologiques touchent différents types de clientèle. La bonne nouvelle, c'est que les gens les plus aisés aussi veulent se passer de l'avion ». Ainsi, à titre d'exemple, un trajet entre Paris et Rome à bord de Midnight Trains devrait générer 23 fois moins de CO2 qu'à bord d'un avion de ligne sur le même parcours (source : Ademe). Ne reste plus à Midnight Trains qu'à boucler un deuxième tour de table auprès des investisseurs qui leur permettra d'acquérir leur matériel roulant et de peaufiner le schéma opérationnel. Et comme les enjeux sont de taille, il est important de rouler doucement...

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