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Commande Publique Covid-19 Relance

La commande publique repart et soutient l’économie verte

PAR Sparewell
08 juin 2021 — Temps de lecture :3mn
En 2020, la commande publique connaissait une décroissance à 2 chiffres (-18%), notamment dans les collectivités locales, marquée par la crise sanitaire et le décalage des élections municipales. En 2021, des signes de reprise sont visibles.
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

Trou d’air de la commande publique en 2020

Il y a quelques semaines, l'Assemblée des communautés de France (AdCF) et la Banque des territoires publiaient le baromètre de la commande publique. L’achat public a chuté de 18% en 2020. « La baisse en 2020 est d'autant plus forte que le niveau 2019 était exceptionnel », appuie le baromètre.

En valeur absolue, le total des collectivités locales, de l'Etat et des autres institutions publiques (centres hospitaliers, centres régionaux, rectorats, etc.) a commandé pour 71 milliards d'euros. Cela représente donc 16 milliards de moins dans l’économie réelle qu'en 2019. Ce marché
« continue à jouer un rôle important dans le PIB (autour de 3 %), mais est à son niveau le plus bas depuis ces 10 dernières années. » souligne l’AdCF.

Les bâtiments restent la principale destination de la commande publique, portée par les communes dont le patrimoine reste important. Mais globalement, tous les marchés ont souffert (fournitures, services, travaux, et ingénierie). Quelles en sont les causes ?

« Le report de 3 mois du second tour des élections locales a clairement gelé les décisions d’investissement. »

Quand la crise intensifie les effets d’un calendrier peu favorable

Evidemment, les effets économiques de la Covid-19 jouent un rôle significatif dans cette baisse de la commande publique. « Elle a certes provoqué des dépenses supplémentaires, comme des approvisionnements de masques, mais elle a quand même eu tendance à geler des projets dans un très grand nombre de secteurs », développe Boris Ravignon, vice-président de l'AdCF, président d'Ardenne Métropole et maire LR de Charleville-Mézières.

Les aspects opérationnels résultants des mesures-barrières : les absences des équipes en charge des achats, la distanciation sociale et le confinement strict des premiers mois ont rendu le management des achats de fournitures, des services et des travaux plus complexes. Notons que le second semestre s’est mieux orienté que le premier ; il a fallu du temps à chacun.e de s’habituer et de s’adapter.

Ce contexte exceptionnel est amplifié par un calendrier de renouvellement électoral peu propice à une forte dynamique d’achat. Le report de 3 mois du second tour des élections locales a clairement gelé les décisions d’investissement...
La baisse de 2020 est d’autant plus forte que l’année précédente avait été forte. Pour neutraliser les effets politiques, il est possible de comparer le volume d’achat de 2020 avec celui de la moyenne du dernier cycle électoral. Et cela permet de relativiser la baisse, puisque cela réduit l’écart de -18 % à -9 %.

« Pour tenir la dynamique, le soutien des budgets des institutions locales sera déterminant. »

La commande publique, au service de la relance verte

« La reprise a été nette au second semestre 2020 », positive Gisèle Rossat-Mignod, directrice du réseau à la Banque des territoires. Sur cette période, les volumes d'achats ont été comparables à ceux du second semestre de 2018.

Et le premier semestre 2021 s’inscrit dans cette droite lignée : les appels d’offres connaissent une croissance de 23 % en valeur. « 2021 sera une année assez charnière pour voir comment cette commande publique pourrait repartir pour relancer le dynamisme économique de notre pays », pose Gisèle Rossat-Mignod, Directrice réseau Banque des Territoires chez Groupe Caisse des Dépôts.

Pour tenir la dynamique, le soutien des budgets des institutions locales sera déterminant. Heureusement, l'Etat a reconduit pour 2021 son filet de sécurité de compensation des pertes de recettes fiscales des communes et des intercommunalités. Boris Ravignon ajoute « il faut que le plan de relance descende vraiment dans les territoires près des acheteurs publics pour les encourager à investir ». Pour ce faire l’AdCF et l’Etat ont signé un accord de partenariat sur la relance et la mise en œuvre des futurs contrats de relance et de transition écologique (CRTE), qui durera toute la durée du mandat municipal 2020/2026. Véritable cadre de cohérence global, ils visent à simplifier les coopérations entre l’Etat et les intercommunalités ou des regroupements d’intercommunalités (syndicats mixtes de Pôle d’équilibre territorial et rural, pôles métropolitains…), en lien étroit avec leurs communes, sur les sujets de grandes transitions économiques, écologiques et de cohésion.

Le contexte est donc favorable, et les initiatives nombreuses. Les organismes publics devraient contribuer à l’économie réelle par une hausse de la commande publique, dans tous les marchés (fournitures, services, travaux, et ingénierie), soutenus dans cette relance par l’Etat. Tous les signaux sont au vert (écologique comme économique).

La commande publique repart et soutient l’économie verte