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Health Tech Innovation ARN France

L'incroyable potentiel de la Health Tech, un secteur innovant encore sous-estimé

PAR Sebastien Malafosse
07 mai 2021 — Temps de lecture :4mn
L’année 2020 restera gravée dans l’Histoire de l’humanité c’est une certitude. Retiendrons-nous uniquement l’émergence de la Covid-19 ? Elle n’est pas la première pandémie à laquelle notre espèce aura dû faire face. Par contre, le développement en moins d’un an d’un vaccin efficace distribué par milliards de doses est un accomplissement sans précédent. Cette prouesse, nous la devons aux Technologies de la Santé ou Health Tech, un secteur dont la capacité d’innovation et l’impact sociétal sont aussi colossaux que ceux de la Tech.
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Concrètement, qu’est-ce que la Health Tech?

Plus qu’un secteur de l’économie, la Health Tech est un univers regroupant des sociétés innovantes dans des domaines variés : Biotech, Medtech (dispositifs médicaux) ou encore e-Health (santé digitale). Leur point commun ? Toutes possèdent une capacité à innover pour améliorer la santé des individus. Le terrain de jeu de ces entreprises est phénoménal puisqu’en moyenne les économies développées consacrent l’équivalent de 9% de leur PIB dans leurs dépenses de santé. La Health Tech offre une diversité incomparable de modèles d’affaires, en passant de la vente de produits à celle de services, que ce soit directement auprès des patients ou pour le compte d’autres acteurs du secteur (hôpitaux, chercheurs, industriels...). Pour l’investisseur, les opportunités sont donc multiples et souvent le choix pourra être guidé par un intérêt personnel dans la lutte contre une maladie ou pour contribuer à l’émergence d’une technologie de rupture.

Qu’est-ce qui distingue la Health Tech d’autres secteurs innovants comme la Tech ?

Alors que le monde de la Tech se développe autour des notions de réseaux, de plateformes ou de places de marché poussant à toujours plus de concentration – voire des quasi-monopoles tels les fameux GAFAM [ndlr : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft] –, il est frappant de constater à quel point la Health Tech reste fragmentée. Ce sont plusieurs milliers d’entreprises dans le monde qui se livrent à une course permanente à l’innovation. Sur le segment des médicaments sous ordonnance par exemple, le leader mondial Roche ne possède que 5% de parts du marché mondial. Il est en pratique quasi-impossible en Santé de freiner une innovation, même concurrente, car les besoins des patients, des praticiens et des systèmes de santé prévaudront toujours. Au final, l’emporteront les acteurs disposant avant tout de la meilleure science et des meilleurs chercheurs. Dans cette course effrénée, l’accès aux capitaux est bien entendu un facteur clé du succès.

« La crise sanitaire a par exemple mis en lumière la technologie de l’ARN messager dont tout le monde a aujourd’hui entendu parler. »

Où trouver les innovations d’aujourd’hui et de demain ?

La crise sanitaire a par exemple mis en lumière la technologie de l’ARN messager dont tout le monde a aujourd’hui entendu parler. Mais derrière la médiatisation se cache un profond potentiel de rupture : l’ARN messager n’est pas exactement le principe actif du médicament, mais plutôt les instructions à partir desquelles le propre corps du patient fabriquera le traitement. Mettre au point un ARN revient alors à programmer du code. L’avantage est double : rapidité à obtenir un prototype de médicament et facilité à le produire, le corps du patient faisant l’essentiel du travail. Au-delà de la Covid-19, l’ARN messager se prête donc particulièrement à des traitements individualisés, en particulier dans le cancer, où chaque patient aurait un produit sur-mesure correspondant précisément à sa tumeur.

Citons aussi la thérapie cellulaire et la thérapie génique. Alors qu’aujourd’hui nous sommes trop souvent réduits à lutter contre les symptômes d’une maladie, ces technologies ont le potentiel de s’attaquer à leurs causes. Ces traitements ont un potentiel curatif, ce qui signifie que les patients pourraient se débarrasser définitivement de leur maladie en une prise. Fini alors les traitements chroniques à prendre toute sa vie. La décennie actuelle est certainement celle de la concrétisation de ces espoirs.

En Medtech, la révolution de l’« individu augmenté » est également en marche. Des organes artificiels de plus en plus perfectionnés voient le jour (cœur, œil, pancréas, membres…). De plus, grâce à l’intégration toujours plus poussée de capteurs dans notre quotidien, chacun d’entre nous peut avoir un meilleur contrôle de ses paramètres vitaux et devenir acteur de sa propre santé.

Enfin, la santé digitale est également un des grands bouleversements en cours. La télémédecine par exemple, facilite l’accès aux soins et apporte une solution face aux déserts médicaux et à la démographie déclinante des professionnels de santé. Tandis que le télé-monitoring, d’un traitement ou d’une maladie se démocratise et consolide le partage continu d’information entre un.e patient.e et son médecin. Le praticien est alors plus vigilant et réactif, et la visite de routine devient un exercice moins périlleux.

« Avec plus de 1 700 entreprises en Health Tech, l’hexagone n’est pas en reste. »

Et la France dans ce panorama ?

Avec plus de 1 700 entreprises en Health Tech, l’hexagone n’est pas en reste. Grâce à sa formation et ses instituts de recherche, la capacité d’innovation y est forte. Si le secteur semblait souffrir d’un déficit de reconnaissance avec seulement 2 représentants dans la liste Next40 en 2019 (liste des plus belles pépites de la French Tech), depuis le gouvernement corrige le tir. La dernière promotion French Tech 120, sorte d’antichambre du Next40, intègre 23 start-ups de la Health Tech et une partie des 5 milliards d’euros d’investissements préconisés par le rapport Tibi [ndlr : rapport de mission sur le financement des entreprises françaises, remis à Bruno Lemaire ministre de l’Économie et des Finances, et Cédric O, secrétaire d’État chargé du Numérique] a d’ores et déjà été fléché vers le secteur. Ces fonds permettront à ces entreprises d’atteindre leur plein potentiel. Sur la petite centaine de sociétés Health Tech cotées à Paris, à projet équivalent, il est communément admis qu’un écart de valorisation de 1 à 5 existe entre ces sociétés françaises et leurs équivalents américains. Nul doute que l’intérêt récent et grandissant des investisseurs pour la Health Tech française contribuera à un rattrapage dans les prochaines années…

L’incroyable potentiel de la Health Tech, un secteur innovant encore sous-estimé