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Horlogerie Collection Investissement Atypique

La montre de collection, un investissement en perpétuel mouvement

PAR Corentin Hué
01 avril 2021 — Temps de lecture :4mn
« Le temps adoucit tout » et si cette citation de Voltaire était en réalité un conseil d’investissement pour les collectionneurs de montres ? Les côtes désormais disponibles quotidiennement, le développement de l’assortiment des collections, la facilité logistique et l’arrivée de passionnés asiatiques sont autant d’ingrédients qui ont fait exploser le marché des montres de collection. Découverte des mécanismes de cet investissement atypique en 3 mn, montre en main.
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

Les montres de collection, des objets de caractères

Dans la classification artistique retenue par les maisons d’enchère, les montres rentrent dans la catégorie lifestyle. Elles côtoient alors les pièces d’orfèvrerie et de maroquinerie, tout ceci au désespoir des passionnés… Pour eux, les « garde-temps » ne sont pas des accessoires d’artisanat et d’apparat mais des créations complexes sont à la fois techniques et esthétiques. Car bien souvent, une pièce d’horlogerie de collection est :

  • dessinée par un designer (technique et esthétique) ;
  • présente un mécanisme horloger complexe, spécifique ou signature (technique) qui est plus ou moins visible sur le cadran ou côté peau (esthétique) ;
  • résolument ancrée dans l’air du temps et dans les codes de sa génération (technique et esthétique).

En ce sens, les montres et les voitures de collection partagent bon nombre de similitudes : les manufactures en série (peu de modèles sont uniques), la valorisation des détails et finitions (patine, couleur du cadran), l’histoire des manufactures, le palmarès du modèle dominant (à l’instar de la Speedmaster d’Oméga qui est le premier modèle à être allé sur la lune, etc). Aussi, elles fédèrent parfois les mêmes passionnés. D’ailleurs, il est fréquent que les marques horlogères tissent des partenariats avec les marques automobiles haut de gamme. Dans la majorité des cas, la connexion est superficielle : un nom emprunté et donné à un cadran, une finition spécifique d’un bracelet qui reprend celle d’une jante, etc. Mais parfois, les passions se rencontrent durablement et le partenariat devient bien plus authentique. Par exemple, dès les années 1960, Rolex s’est essayée à la montre de pilote avec sa Daytona [ndlr : nom d’un circuit automobile de Floride]. Plus tard, la maison horlogère sponsorise de nombreux championnats de F1 – en tant que chronométreur ou montre officielle – et le modèle s’est durablement imposé comme référence. Il est aujourd’hui l’un des modèles les plus prisés des collectionneurs.

La montre de collection, un investissement en perpétuel mouvement

Des avantages notables au cadran des montres de collection

A la différence d’autres investissements passion, les pièces d’horlogerie cumulent les avantages :

  • Le ticket d’entrée est relativement faible : commencer à collectionner des montres peut se faire à partir d’une centaine d’euros.
  • Les coûts récurrents (entretien + assurance) sont raisonnables. Les révisions se font tous les 5 ans en moyenne et une assurance dédiée n’est pas obligatoire. Selon les valeurs, l’assurance-habitation peut inclure la protection de vos montres. De plus, les frais de stockage sont absents (sauf si votre collection nécessite un coffre-fort bancaire).
  • La liquidité est importante, compte-tenu du grand nombre d’acheteurs. Les montres bénéficient d’un marché mondial, grâce faibles coûts de transport.
  • L’historique de transaction permet un suivi précis de la côte, par modèle. Corolaire du précédent point, l’important nombre de transactions permet d’avoir une côte quotidienne sur certains modèles.
  • Le développement de la protection des transactions en ligne par des intermédiaires spécialisés (Chrono24, Kronos360, etc.).

Quelques conseils aux futurs investisseurs

Si le choix est pléthorique et si les prix conviennent à toutes les bourses, certains modèles rares ou singuliers offrent plus de chance de plus-value.

  • Le principal déterminant de la cote d’une montre est sa demande, qui par extension dépend de son statut d’icône dans la sphère des amateurs d’horlogerie. Celui-ci repose sur 3 facteurs particuliers : la notoriété et la réputation de la maison manufacturière, l’histoire et la singularité du modèle et enfin son accessibilité. Dès lors, une faible offre permet d’assurer une valorisation stable dans le temps, et parfois génère même une spéculation hors contrôle (car rappelons que la passion dépasse parfois la raison). Aujourd’hui, par exemple, la Nautilus de Patek Philippe est produite avec parcimonie. Dès lors, sa rareté et la menace de sa disparition engendrent une côte élevée.
    Cette rareté peut être occasionnelle ou délibérée et donc pérenne dans le temps. Par exemple, la maison Rolex s’est fixé un plafond : la production d’un million de montres par an (source : l’annuel des montres 2021), et ce quelle que soit la demande », assurant ainsi la désirabilité de ses modèles iconiques (la Daytona en tête, GMT-Master II et Submariner ensuite).
  • Les doubles signatures, aujourd’hui plus rares sont également recherchées. La Breitling x LIP référence 765 AVI (apparue dans les 60’) est un exemple de ces partenariats aujourd’hui très recherchés par les collectionneurs.
La montre de collection, un investissement en perpétuel mouvement
  • La qualité de fabrication et l’innovation sur le plan mécanique impactent coût et rareté et in-fine désirabilité est prix. François-Paul Journe (fondateur de la maison éponyme) en a fait sa signature. Un pari réussi puisque ces objets d’exception s’arrachent du marché secondaire à plus de 3 fois leur prix boutique !
La montre de collection, un investissement en perpétuel mouvement

Pour bien vendre, il faut avoir bien acheté

Un rappel d’importance, la recherche est souvent chronophage et la négociation s’avère capitale lors de l’achat comme lors de la vente.

Si vous voyez votre collection comme une classe particulière d’actif composant votre patrimoine et non pas comme un achat plaisir exclusivement, nous vous recommandons de limiter sa proportion dans votre patrimoine (15% environ). La valeur de ces investissements est quasi-exclusivement le fruit de comportements humains ; aucun rendement économique ne viendra agrémenter cet investissement. La fameuse balance entre passion et raison.

D’un point de vue fiscal, en cas de plus-value lors de la revente, vous avez le choix entre 2 types de taxation :

  • Soit à hauteur de 6 % du prix de cession, plus la CRDS (Contribution pour le remboursement de la dette sociale) au taux de 0,5 %, pour un total de 6,5 %. Si le prix de cession est inférieur à 5.000 €, aucune taxe n'est due.
  • Soit au titre de l'Impôt sur le revenu. Les frais d'acquisition et d'entretien peuvent être soustraits du prix de vente (attention à bien conserver toutes les factures).

La plus-value taxable se réduit à chaque année de détention supplémentaire, tant en termes d'Impôt sur le revenu (taux de 19 %, exemption après 22 ans) que de prélèvements sociaux (taux de 17,2 %, exemption après 30 ans). Toutefois, il faudra pouvoir prouver la date d'acquisition de l'objet.