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French Tech French Touch Capital Risque Venture Capital Rolling Fund

Diaspora Ventures :
la plateforme de financement
de la French Tech aux
Etats-Unis

PAR ANNE ELISABETH CAILLET
10 novembre 2020 — Temps de lecture :4mn
Connaissez-vous le point commun entre Snowflake, Datadog ou encore Tenable ? Au-delà d’avoir réalisé de très belles introductions en bourse sur le marché américain ces dernières années, ces licornes ont toutes été fondées ou cofondées par des français. Cocorico ! Avec la multiplication des réussites tricolores, on est en droit de s’interroger s’il n’y aurait pas un « je ne sais quoi » franco-français à l’origine de ces succès. Anne Elisabeth mène l’enquête aux côtés de Diaspora Ventures.
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

Snowflake est une licorne française spécialisée dans l’hébergement de données dans le cloud. Créée en 2012 en Californie par Benoît Dageville et Thierry Cruanes, c’est la start-up de tous les records : une levée de 3,4 milliards de dollars, la plus importante introduction en bourse de l’année à New York et la plus grosse jamais enregistrée pour une entreprise de software. Bravo les Frenchies !
Y a-t-il une recette secrète derrière toutes ces « success stories » françaises aux Etats-Unis ? C’est en tout cas la conviction d’Ilan Abehassera et Carlos Diaz, les 2 français derrière Diaspora Ventures, un nouveau fonds qui se concentre sur le financement des entrepreneurs français aux Etats-Unis.

La French touch : succès rime avec français

« En France nous avons des ingénieurs exceptionnels. Notre expertise dans le domaine de l’ingénierie ou de la création de produit est inégalable » explique Ilan. Le créneau d’Ilan et Carlos ce sont les français qui ont une ambition internationale avec un angle américain. Les candidats peuvent être basés aux Etats-Unis ou en France, mais doivent impérativement démontrer une volonté de se développer sur le marché américain. C’est une niche, mais il y a définitivement une place à prendre.
« Quand des français démarrent aux Etats-Unis, l’écosystème français peut difficilement les aider et l’écosystème américain le fera plus tard dans leur développement. Nous avions envie de créer un véhicule dédié pour accompagner ces Frenchies à leurs débuts » s’enthousiasme Ilan.
Diaspora Ventures investit très tôt, dans des phases early stage dites d’amorçage ou de pré-amorçage, avec des tickets entre $100k et 300k. « Nous souhaitons être les premiers interlocuteurs et partenaires de ces entrepreneurs français ».
En discutant avec Ilan on se rend vite compte que l’aventure Diaspora Ventures est intéressante à bien d’autres égards. Derrière ces aspects de fonds de Capital Risque traditionnel [ndlr : branche du capital investissement consistant à prendre des participations dans des sociétés non cotées au démarrage de leur activité], se cache une petite révolution nommée le Rolling Fund

« Nous avions envie de créer un véhicule dédié pour accompagner ces Frenchies à leurs débuts »

Rolling Funds : plus de flexibilité pour tous

Quésaco ? Le principe du Rolling Fund est de lever de l’argent de façon continue. Il s’agit d’un fonds qui n’a pas de fin et qui lève de nouveaux capitaux tous les trimestres. Techniquement, cela veut dire que chaque trimestre Diaspora Ventures crée un nouveau fonds et que de nouveaux investisseurs, les Limited Partners – encore dit LPs [ndlr : les investisseurs en capital d'un fonds] –, peuvent participer au projet porté par Ilan et Carlos. Pour Diaspora Ventures la contribution minimum est fixée à 12 500 dollars par trimestre avec un engagement minimum de 4 trimestres.

C’est la société AngelList qui a lancé le concept des Rolling Funds aux Etats-Unis il y a quelques mois. Un concept novateur où le maître mot est la flexibilité. Flexibilité pour les LPs mais également pour les gérants du fonds puisque l’intégralité du back up opérationnel est pris en charge par AngelList. Tout est automatisé par la plateforme (la partie légale, financière, la gestion des taxes, etc.), ce qui permet aux Fund Managers de se détacher de la partie administrative pour se concentrer entièrement sur leurs investissements.

« AngelList est en train de profondément transformer le modèle du Venture Capital. C’est la révolution du Saas (Software as a Service) au service du Capital Risque : une révolution qui s’appuie sur du logiciel pour la gestion des fonds. Vous imaginez bien que gérer un nouveau fonds chaque trimestre avec différents LPs seraient un fardeau administratif bien trop lourd » explique Carlos Diaz lors d’une présentation de leur fonds en Webinar.

Cette discrète révolution n’est pas passée inaperçue auprès des acteurs du Venture Capital et Diaspora Ventures peut se targuer de compter plusieurs personnalités prestigieuses de la French Tech parmi ses investisseurs : Xavier Niel, Jean de la Rochebrochard (Kima), Alexis Bonillo (Zenly) ou encore Salomon Aiach (Facebook)... pour n’en nommer que quelques-uns.

« Nous sommes perçus comme des entrepreneurs, pas des financiers. Les entrepreneurs nous contactent pour nous demander conseil avant d’aller pitcher les fonds d’investissement. »

Un modèle de pairs-à-pairs

Si Ilan et Carlos ont une telle confiance en nos entrepreneurs français, c’est parce qu’ils les connaissent bien. Ils ont eux-mêmes plusieurs boîtes à leurs actifs. Ilan, à New York depuis plus de 15 ans, est actuellement le co-fondateur de Willo, une start-up qui développe un robot qui automatise le brossage des dents et entend révolutionner votre hygiène bucco-dentaire. Carlos, à San Francisco depuis plus de 10 ans, s’occupe aujourd’hui de The Refiners, un accélérateur de start-ups étrangères aux Etats-Unis.
C’est là toute la force de ce duo de serial entrepreneurs : Ilan et Carlos sont perçus comme des pairs par les entrepreneurs français et c’est tout naturellement vers eux qu’ils se tournent. « Nous avons un flux de deals organique » explique Ilan. « Nous sommes perçus comme des entrepreneurs, pas des financiers. Les entrepreneurs nous contactent pour nous demander conseil avant d’aller pitcher les fonds d’investissement. Nous sommes donc souvent les premiers à être approchés et cela nous ouvre des portes dans beaucoup de deals. »

A la recherche de la prochaine pépite « made in France »

Ilan et Carlos estiment qu’il y a environ 200 projets par an de Frenchies aux Etats-Unis. 10 à 15% d’entre eux sont véritablement prometteurs. Créé cet été, Diaspora Ventures a déjà investi dans 2 d’entre eux : la start-up Acquire, une nouvelle solution e-commerce pour augmenter le taux de conversion des achats au niveau du panier, et Fairmint, une marketplace qui veut faciliter la vente de parts secondaires de start-ups afin d’augmenter leur liquidité.
Ce n’est que le début. « Nous avons beaucoup d’autres deals dans le pipe ». Ilan et Carlos voient grand et souhaitent dénicher la prochaine pépite qui continuera de faire rayonner la France transatlantique. Peut-être le prochain Snowflake ?

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