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Art Passion Investissement Covid-19 Numérique

L’impact de la Covid-19 sur le marché de l’art ?

PAR Marlene Bergue Corbun
22 décembre 2020 — Temps de lecture : 3 mn
L’art est-il une première nécessité ? Dans le contexte particulier des derniers mois, la question s’est forcément posée. La réponse étatique tend parfois vers la négative avec la fermeture temporaire des musées, tandis que le maintien de la demande de la part des collectionneurs privés tend à montrer le contraire. Alors, comment le marché de l’art a-t-il survécu à 2020 ? Marlene Bergue Corbun, Art Relationship Manager, peint un premier bilan.
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L’éboulement des revenus du marché de l’art

Le marché de l’art est international. Si certaines grandes places d’échanges se distinguent (Paris, Londres et New-York), il est à observer à l’échelle mondiale. Ce marché, entre raison et passion, n’est peut-être pas toujours prévisible ; mais cette fois, au moins, nous savons ce qui se passe. Après la bulle japonaise du début des années 90 et la crise financière de 2009, le marché de l’art subit aujourd’hui les effets d’une crise sanitaire mondiale.

Au premier semestre de l’année 2020, les ventes aux enchères des principales maisons de vente ont connu une chute libre avec un recul de 49 % (selon Art Tactic). La situation n’est pas plus reluisante du côté des galeries qui ont vu leurs ventes reculer de 36 % (selon l’étude Art Basel/UBS Gallery 2020). S’ajoute à cela une baisse du prix moyen de l’ordre de 40 %, selon un rapport publié au mois de septembre par le site Art News.

Les musées sont en difficulté et certains sont même contraints de prendre des décisions controversées. À Londres, la Royal Academy a annoncé un étrange dilemme : l’institution doit choisir entre vendre un tondo (sculpture en marbre) de Michel-Ange estimé à environ 6 millions ou perdre 150 employés. À New York, le musée de Brooklyn proposera 12 œuvres lors d’une prochaine vente aux enchères Christie’s, dont une pièce de Lucas Cranach.

Tandis que les galeries s’attendent à un nouveau recul et adoptent des mesures de protection parmi lesquelles la réduction des coûts : un tiers des galeries interrogées pour le rapport Art Basel ont déclaré avoir dû réduire leur personnel depuis mars 2020. Dans l’Hexagone, les organisations syndicales tirent la sonnette d’alarme. L’état répond, en instaurant des filets de sécurité : report de cotisations sociales et accès facilité aux prêts notamment.

« La transformation digitale touche les transactions et fait bondir la courbe des ventes via Internet. Alors qu’elles ne représentaient que 9 % en 2019, elles comptent désormais pour 37 % des ventes au premier semestre 2020. »

Une transition numérique : performance, transparence et recrutement

Une autre mesure de protection des galeries vise à augmenter les activités numériques ; soupire le galeriste Christian Depardieu. La transformation digitale touche les transactions et fait bondir la courbe des ventes via Internet. Alors qu’elles ne représentaient que 9 % en 2019, elles comptent désormais pour 37 % des ventes au premier semestre 2020 (source : Art Basel/UBS Gallery 2020).
Celles-ci s’accompagnent de la création de véritables expériences numériques : vidéos des œuvres in situ, chat avec des spécialistes, conseils, etc. L’écrin digital apporte plus de transparence, ouvre le secteur à un public plus large et finalement permet d’échanger sur le premier et sur le second marchés, toutes les signatures – des plus émergentes au plus renommées.
Conjointement, les réseaux sociaux connaissent un essor. Instagram figure aujourd’hui au panel des outils utilisés par les maisons de vente.

Les musées prennent aussi le pli, proposant des visites virtuelles ponctuées d’expériences interactives. L’occasion notamment de fidéliser un public jeune passionné, dont la curiosité et l’intérêt doivent être abreuvés.

L’indispensable soutien des collectionneurs

Le maintien des activités par l’intermédiaire d’Internet garantit le maintien du lien nécessaire avec les collectionneurs. Pour l’étude Art Basel/UBS Gallery 2020*, Dr. Clare McAndrew a contacté 360 collectionneurs actifs et plus de 60 % ont déclaré que la pandémie avait accru leur intérêt général et leurs intentions de dépenses en art. 31 % d’entre eux ajoutent que cette augmentation est très significative pour eux.

La pandémie aurait même renforcé l’appétit des « millennials », dont 70 % confient vouloir acheter davantage d’art à l’avenir. Tout en affirmant leur fidélité aux galeries où ils ont déjà leurs habitudes.

La demande reste forte, qu’elle soit motivée par la passion, la solidarité aux artistes, l’enjeu de diversification des actifs ou une combinaison de ces raisons. Aussi, les spécialistes ne s’attendent pas à une correction importante des prix.

Désormais, nous avons une idée claire des impacts à court de la crise sur le marché, mais il reste difficile de savoir quelles en seront les répercussions sur le plus long-terme. La seule chose qui soit sûre, c’est que ce ne sera plus jamais pareil. «Il y aura des changements durables sur le marché de l’art. Nous entrons dans un monde différent et nous allons devoir nous adapter» Guillaume Cerutti, PDG de Christie’s.

L’impact de la Covid-19 sur le marché de l’art ?

The Impact of COVID 19 on the Gallery Sector by Art Basel and UBS Auteur : Dr. Clare McAndrew
https://www.artbasel.com/about/initiatives/the-art-market

L’impact de la Covid-19 sur le marché de l’art ?
Marlene Bergue Corbun Art Advisor at ODDO BHF Family Office France 34 ans, Mariée Projets : Soutenir les artistes émergents via un projet media sur YouTube qui s’intitule « Life of the Artist ». Exemple de l’interview d’Alex Clarke : Youtube