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Finance Investissements Actions Obligations Covid-19

Décryptage : est-il encore temps d’investir dans les actifs risqués ?

PAR Laurent DENIZE
30 septembre 2020 — Temps de lecture : 3 mn
Les marchés actions ont profité d’un bel été. Après avoir subi de forts replis au printemps, ils se sont redressés étonnamment vite, trop vite peut être pour les nombreux investisseurs qui ont préféré la prudence depuis le mois de mars. En ce début d’automne, une question s’impose : est-il encore temps d’investir dans les actifs risqués ?
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

En comparaison à la crise financière de 2008/09, la récession liée au Covid-19 sera cette année plus sévère, plus globale, mais probablement aussi plus courte. En dépit de prévisions initialement très pessimistes, l'économie se redresse plus vite que prévu. Malgré des disparités importantes entre les secteurs, et même si dans les mois à venir, les résultats des entreprises pourraient être plus mitigés, les indicateurs de confiance se redressent. Le consensus actuel prévoit désormais une croissance du PIB mondial pour 2020/21 qui laisserait le PIB 5 points en dessous de sa tendance d'avant la crise. Cet écart suggère que la pression inflationniste devrait rester modérée.
Le rallye « défiant la gravité » va-t-il se prolonger ?

Une réalité macro-économique globalement favorable

Plusieurs facteurs vont particulièrement influencer les mois à venir ; en premier lieu la poursuite du développement de la pandémie. Le nombre d'infections augmente à nouveau, mais les formes de la maladie étant moins graves, cela laisse à penser l’absence de surcharge du système de santé, et par ricochet l’absence de nouvelles mesures de confinement strictes.

La politique monétaire et fiscale sera le moteur de l'économie et des marchés financiers. Les banques centrales se sont engagées à maintenir des taux d'intérêt bas. Cela est bénéfique pour la reprise mais augmente le risque que certaines valorisations s'écartent des fondamentaux.

À plus long terme, le plan de relance de l'UE pourrait donner un coup de fouet, notamment aux actions européennes.

Sur le plan politique, une élection américaine chaotique et, dans une moindre mesure, un Brexit agité pourraient provoquer quelques turbulences sur les marchés boursiers, mais fort est à penser que ces facteurs ne seront pas décisifs.

La dynamique risque de se ralentir dans les mois à venir, les facteurs positifs devraient prévaloir. Mais quels actifs privilégier ?

« Alors que les valorisations des actions globales sont à un niveau record, celles des actions européennes sont comparativement plus attrayantes. »

L'Europe , « the place to be »

Le plan de relance donnera un coup de pouce supplémentaire aux actions européennes ; en particulier aux petites capitalisations et à des secteurs tels que la technologie, la santé et la transition énergétique, qui bénéficieront de programmes ciblés. Par exemple, sur 100 milliards d'euros en France, 35 milliards d'euros seront alloués à la transition énergétique.

En raison des objectifs ambitieux de l'UE en matière de durabilité, les titres privilégiés par les fonds ESG seront également favorisés. Comme le poids des actions de style croissance (ndlr : actions que les investisseurs estiment sous évaluées et acquièrent en faisant un pari sur leur croissance) dans les indices européens a augmenté ces dernières années, ces indices devraient offrir de nombreuses opportunités aux stock pickers (ndlr : l’activité de sélection de titres, un par un, selon une batterie de critères d’analyse des bilans comptables des entreprises) à la recherche de performances à long terme.

La vision en synthèse

Actions : Malgré des valorisations élevées, nous privilégions les actions par rapport aux obligations. La reprise de ces derniers mois n'est pas seulement due aux injections massives de liquidités par les banques centrales, mais aussi à l'amélioration des données économiques en général. Dans cet environnement, les actions ont des primes de risque stables et toujours attractives par rapport aux obligations. Des taux d'intérêt bas soutiennent les actions de style croissance, alors que pour une renaissance généralisée de la value (ndlr : encore dite ‘valeurs de rendement’, qui consiste pour un gérant à acheter des titres dont la valeur est momentanément décotée, et à les vendre dès qu'elle franchit le seuil de sa vraie valeur), il faudrait un rebond massif et inflationniste de l'économie.

Obligations : Sur le segment des obligations, nous préférons les obligations européennes à haut rendement, qui offrent un potentiel de rendement supérieur à celui des obligations Investment Grade (émises par les emprunteurs qui reçoivent des bonnes notes par les agences de notation). Aucun mur de refinancement n'étant prévu avant 2024, il y a encore du portage à capturer avec un risque mesuré. Les durations courtes offrent également un profil risque/rendement approprié.

Au sein des marchés actions et obligataires, une façon de minimiser le risque est d'éviter les entreprises ayant des flux de trésorerie futurs négatifs, une faible croissance, des niveaux d'endettement élevés et présentant des controverses ESG. Compte tenu des nombreuses incertitudes, il est judicieux de couvrir ses arrières.

Soraya BENSCRI
Laurent DENIZE Global CO-CIO & Global Head of Fixed Income https://www.oddo-bhf.com/fr