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Intrapreneuriat Entrepreneuriat Organisation

L’intrapreneuriat :
nouvelle organisation des entreprises ou obsolescence programmée ?

PAR SPAREWELL
10 septembre 2020 — Temps de lecture : 4 mn
Depuis quelques années, l’intrapreneuriat apparait comme l’une des clés des entreprises pour inventer le futur de leurs organisations. En France, plus de 50 groupes auront déjà cédé au chant des sirènes, tandis que des start-ups de coaching et d’accompagnement s’organisent pour les accompagner. Alors, tendance éphémère ou changement profond de l’organisation ?
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L’étymologie a ici tout son sens : « l’entrepreneur et l’intrapreneur se distinguent par leur autonomie respective. Le premier est un électron libre qui crée sa structure, le second organise la sienne au sein d’un groupe déjà existant. » explique Elie Lacave, collaborateur du groupe ODDO BHF et membre de la troisième session du Executive MBA Campus Formation Etudiants Entreprise (encore appelé CFEE, organisé par la WebSchool Factory, le réseau PSL et l’Innovation Factory).

A quoi sert l’intrapreneuriat ?

« L'intrapreneuriat offre de nouvelles opportunités de croissance à une organisation, en révélant la créativité et le potentiel d'innovation. Chacun.e peut contribuer au projet stratégique de l’entreprise, en apportant son expertise, son talent d’innovateurs et/ou d’organisateur structurant. Tout repose sur l’envie ! » défend Géraldine Bethenod, du département Ressources Humaines du groupe financier franco-allemand.

En ce sens, l’intrapreneuriat est une aventure professionnelle et humaine. Car souvent, la lettre de mission fournie et briefée par les gouvernances d’entreprise est ouverte. « Tout le principe est de laisser s’exprimer la créativité, pour bousculer l’ordre établi et offrir un nouveau champ des possibles. » poursuit Géraldine Bethenod.
Pour un ancien étudiant CFEE, « les entreprises qui se tournent vers cette démarche utilisent, en interne, les points de force des nouveaux acteurs de l’économie : les start-ups ou les associations à impact positif. Elles offrent au(x) collaborateur(s) plus d’autonomie, un accès direct aux décideurs et valorisent la polyvalence. » A l’image de leur génération, les jeunes collaborateurs (25-40 ans) sont en recherche de sens et éprouvent le besoin d'être utiles. Ils veulent contribuer, donner leur avis, partager leurs idées et gérer en confiance. Ils perçoivent l'entreprise comme un lieu d’expérimentation offrant un apprentissage permanent. « Retenir et attirer les talents, c'est aussi leur permettre de développer des hard et soft skills, par de nouvelles expériences pratiques. » abonde la responsable Ressources Humaines.

« Aujourd’hui, tous les secteurs sont concernés : grande distribution, logistique, tech, secteur bancaire etc., même le service public s’y est mis. »

A qui s’adresse l’intrapreneuriat ?

Si le concept est né dans les années 1970, il s’est réellement développé en France au début des années 2000, porté par les secteurs de la tech (et notamment des télécommunications). Rapidement, les élans ont été refrénés par la crise de 2008 avant de reprendre avec la croissance économique mondiale. « En 5 ans, les programmes d'intrapreneuriat ont été multipliés par 4 ou 5 », se réjouit François Pumir, Directeur Exécutif du CFEE. « Aujourd’hui, tous les secteurs sont concernés : grande distribution, logistique, tech, secteur bancaire etc., même le service public s’y est mis. »

L'engouement est tel qu'à Bercy, le département « Open Lab Intrapreneuriat » de la Direction générale des entreprises (DGE) cherche à définir puis donner un cadre précis à l’entrepreneur-salarié.

Pourquoi l’intrapreneuriat est-il à la mode ?

Le leadership a gagné ses lettres de noblesse. « Tous, jeunes diplômés, salariés ou dirigeants s’accordent sur le principe de valeur ajoutée. Le leader n’est plus le plus expert ou le plus ancien, mais celui.celle qui saisit le besoin client pour le retranscrire en biens ou en services. » décrypte François Pumir.
Une étude d’un assureur français (mai 2019) précise d’ailleurs que 67 % des étudiants seront plus sensibles aux organisations proposant une démarche intrapreneuriale lorsqu'ils chercheront un emploi.

Plus transversale et ouverte que la traditionnelle R&D, cette forme d’innovation est le ricochet du buzz de l'entrepreneuriat et autres « innovation labs ». C’est l’ère de l'Open Innovation ! Elle transforme durablement les besoins des collaborateurs des marques, qui recherchent plus d’autonomie, moins de hiérarchie, ainsi qu’un processus de validation et de décision matriciel et moins pyramidal. L’intrapreneuriat est une réponse puisqu’elle valorise la logique de parité.

SPAREWELL en est la juste illustration. Le site d’inspiration pour les acteurs de la nouvelle économie française rassemble une diversité de talents du groupe ODDO BHF (Salle de Marchés, Juridique, Private Equity, Banque Privée, Ingénierie Patrimoniale, Innovation, Conformité etc.), tout en leur offrant une grande autonomie. « Nous pourrions presque parler de ‘circuit-court’, valide Anne Bismut, parmi les co-fondateurs du projet. Avec SPAREWELL, nous avons à cœur de partager une information juste et d’actualité ; le mode intrapreneurial était un pré-requis. »

Quels facteurs clés de succès ?

A la veille de la rentrée, Elie Lacave confie « Il faut une vraie motivation pour devenir intrapreneur. Innover n’est pas notre métier premier et la méthodologie agile n’est pas toujours ancrée dans les cultures d’entreprises.» Il pointe ici un item fondamental : l’endurance.
Le collaborateur qui se lance dans cette démarche va certainement essuyer des refus, devoir challenger l’existant et ensuite bousculer les conventions. L’éducation interne, la recherche d’alliés et la rédaction des business models et plans demandent implication, consistance et résilience. Il ne faut pas se laisser démonter!

Aussi, le taux de conversion des projets intrapreneuriaux en innovations concrètes est intimement lié à la présence de plusieurs facteurs de réussite :

  • La prise en compte du projet et son accompagnement par les instances dirigeantes le plus tôt et le plus régulièrement possible,
  • La « pollinisation » régulière du projet vers les métiers/départements de la société pour favoriser l’incubation et diffuser la dynamique agile aux autres collaborateurs,
  • La prise en compte de l'énergie déployée par les intrapreneurs dans leur charge quotidienne pour ne pas risquer l'asphyxie. « L'intrapreneuriat comme l'entrepreneuriat sont des sports de fond et non des sprints et ce, d'autant plus lorsque le projet est en gestation » pour reprendre François Pumir.

En raccourci, les avantages sont immédiats et unanimes pour les Ressources Humaines, et plus variables pour les structures en fonction de leur culture et des idées proposées. Attention à l’intrapreneuriat-washing !

SPAREWELL