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Economie Vacances Tourisme Covid-19

Été 2020 : quel bilan pour le tourisme français ?

PAR Johanna JOURDAIN
08 septembre 2020 — Temps de lecture : 3 mn
La France est le pays le plus visité au monde, avec 89 millions d’arrivées de touristes internationaux (2018). Mais la Covid-19 l’a impacté de plein fouet ; les autorités ont multiplié les restrictions limitatrices de la propagation (restrictions de voyages, fermetures des frontières, mesures de distanciation physique etc.). L’été 2020 était particulièrement craint par les acteurs du secteur ; bilan après solaire.
La résilience financière durable : chimère ou vérité ?

Le secteur du tourisme est l’un des plus importants de l’économie française. Habituellement, il représente plus de 7% du PIB de l’Hexagone (données 2018). Avec un arrêt total, puis partiel, depuis mi-mars, les hôteliers, restaurateurs et autres acteurs étaient clairement dans une situation critique. « La pandémie est un vrai frein à impact durable pour notre secteur. » complétait Olivier Scemama, le président du groupe de restauration TOSS Groupe. L’été 2020 était bien particulier, avec des incidences positives et négatives, immédiates et futures. Embarquement immédiat.

Un secteur sous-perfusion depuis mi-mai 2020

Le gouvernement (ère E. Philippe) a marqué sa mobilisation mi-mai avec l’annonce d’un plan d’aide massif pour le secteur : 18 Md€ déployés via différentes mesures (prêts garantis par l’Etat, exonération de charges, chômage partiel etc.). D’autres mesures complémentaires ont accompagné ce plan. Certaines se cantonnaient à la période d’été, à l’instar de la généralisation des remboursements en cas d’annulation des réservations autour de l’été (hôtellerie, train, etc.) ; tandis que d’autres ont un effet tout au long de l’année, comme le relèvement du plafond du Ticket Restaurant jusqu’à fin 2020, (de 19€ à 38 €).
L’Etat s’est positionné comme un allié durable. Le changement de gouvernement n’a pas réduit l’engagement ni les politiques facilitantes. Preuve en est, la prolongation du dispositif de chômage partiel a été maintenue jusqu’à fin 2020.

« le secteur touristique français a plutôt mieux résisté que ses voisins européens avec des taux d’occupation moyen dans l’hôtellerie qui approchent 51% en juillet en France, contre près de 35% en Italie, en Allemagne et au Portugal »

Des vacances franco-françaises

Les premiers bilans de la saison touristique estivale apparaissent. Sans grande surprise, 70% des français ont visité la France, c’est plus de 20 points au-dessus des chiffres habituels ! Mécanisme de prévention, annulation d’une partie des vols internationaux, envie de retrouver sa famille post-confinement, solidarité… les raisons sont multiples.
Et les résultats sont là : la saison a été meilleure que ses anticipations, notamment pour le secteur hôtelier. Après un lent démarrage début juillet, une forte accélération des réservations de mi-juillet à mi-août a été enregistrée.

Dans l’ensemble, le secteur touristique français a plutôt mieux résisté que ses voisins européens avec des taux d’occupation moyen dans l’hôtellerie qui approchent 51% en juillet en France, contre près de 35% en Italie, en Allemagne et au Portugal, moins de 30% en Espagne et 31% en Grèce.

Une envie d’air

« Les voyageurs sont plus nombreux mais les destinations restent à peu près les mêmes. La Bretagne, l'Occitanie ou la Normandie restent les grandes favorites », détaille Dorothée Lachaud, journaliste économique, sur le plateau du 19/20 de France 3. Les territoires ruraux et le littoral tirent leur épingle du jeu, alors que dans l’ensemble les grandes villes ont été délaissées : Paris et l’Ile de France en particulier, pénalisées par le manque de touristes internationaux (1 chambre d’hôtel sur 2 est restée fermée dans la capitale cet été).

« Avec le risque sanitaire et l'envie de se retrouver en famille, les logements individuels font le plein. Sur Airbnb, les réservations des Français ont bondi de 25% cet été », poursuit la journaliste. Les français ont vraisemblablement privilégié l’hôtellerie de plein air (camping), les offres alternatives (gîtes, locations de logements privés, maisons de vacances, etc.) et l’hôtellerie économique.

Une première escale vers un nouveau genre de tourisme ?

Sur le long terme, les offres low cost soutenues par un pétrole bas, amèneront très probablement le retour du voyage de forte intensité/de masse. Dans l’ensemble, la population mondiale souhaite continuer de voyager, notamment les classes moyennes des pays émergents comme la Chine. Mais ce rebond ne sera pas immédiat et dépendra essentiellement d’un potentiel vaccin afin de rétablir la confiance des voyageurs et la demande au niveau mondial. Ainsi, l’IATA (ndlr : Association internationale du transport aérien) n’entrevoit pas de retour à la normale du secteur aérien avant 2024.

Le verre est toujours à moitié plein : la crise entrainera également des évolutions de long terme pour l’industrie du tourisme, avec de nouvelles pratiques qui tiennent davantage compte de l’empreinte écologique de nos voyages et le respect de l’environnement local (population, sites, etc.) ou encore la volonté de trouver des destinations plus confidentielles et des offres plus personnalisées. L’émergence du « slow travel » (développée par Gaspard Koenig), visant à « redécouvrir le voyage dans sa forme essentielle : lente, complexe, hasardeuse, plus profonde que lointaine » en est une juste illustration.

Souleymane-Jean Galadima
Johanna JOURDAIN Equity Analyst | Hotels, Leisure & Support Services Paris 33 ans, en couple, sans enfant Projet : acheter ma résidence principale