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Economie Parité Leadership

L’Empow’her’ment à la française en 2020 #fierte

PAR Alix de Renty
01 septembre 2020 — Temps de lecture : 3 mn
« We should all be feminists » affichait Maria Grazia Chiuri sur les tee-shirts de sa première collection Printemps-Eté 2017 pour la maison Dior. Les modes passent, le message est éternel. En France, les femmes occupent plus de 43% des sièges d’administrateurs dans le SBF120 (indice Boursier de la place de Paris). Professionnelles, motivées, et singulières dans leurs valeurs humaines, elles créent un nouveau genre : l’empow’her’ment.
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« We should all be feminists », le message fort de Maria Grazia Chiuri manifestait sa fierté d’être la première femme à la direction artistique de la marque, depuis sa création en 1946. Accorder aux femmes une place qui leur revient intégralement est une mission fondamentale pour Marie-Jo Zimmermann. Portée par la conviction que les réseaux de femmes diplômées de grandes écoles regorgent de pépites prêtes à s’exprimer, elle défend son ambition 5 années durant. Ce projet de vie devient projet de loi en 2011. La loi dite Copé-Zimmerman, pose l’obligation de respecter un quota minimum de membres de chaque sexe au sein des conseils d’administration et des conseils de surveillance des entreprises, afin d’assurer une représentation équilibrée.

En 2020, les résultats valorisent ses actions : la France est championne du monde de la féminisation des conseils d’administration. Alors, Marie-Jo Zimmermann incite à aller plus loin, et à lutter contre les inégalités femmes-hommes persistantes ; elle appelle les françaises à prendre la présidence des comités de nomination et de rémunération, décisifs selon elle.

« Il faut partir de la question de la responsabilité sociale de l’entreprise, des valeurs de celle-ci, et non de la mixité »

Les femmes agissent, candidatent et n’ont pas peur. Face à elles, les mentalités doivent être durablement adaptées. Pour Bernard Michel, Président de Viparis Holding, l’exercice est global. Tous les départements sont à impliquer sur la question de la parité : les ressources humaines, le management, l’encadrement intermédiaire etc. Son conseil ? Contraindre mais inspirer : « Il faut partir de la question de la responsabilité sociale de l’entreprise, des valeurs de celle-ci, et non de la mixité ».

L’empow’her’ment s’ancre et se ramifie mais comment aller plus loin encore ? Peut-être, en imposant des quotas au sein des comités exécutifs désormais ? Leur taux de féminisation, à l’échelle du SBF120 ne dépassait pas 17,4 % en 2018 et continue à progresser mais seulement lentement. Unanimement, les réponses convergent vers le « non ».

  • Non, pour Marie-Jo Zimmermann, car ce n’est pas le rôle de l’état que d’ingérer les décisions exécutives des entreprises.
  • Non, pour Pascale Auger, Directrice Générale Déléguée de Rabot Dutilleul et Administratrice chez Exel Industries, car il s’agit de la suite logique et qu’il n’est pas nécessaire de légiférer. Toujours selon elle, occuper un premier siège d’administrateur permet de « développer son leadership pour accéder à des fonctions de Direction Générale ».
  • Une étude de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), publiée en 2019, donne raison à Pascale Auger. Les sociétés les plus féminisées sont plus performantes en Bourse, logiquement et sans loi, les dirigeantes devraient intégrer les comités exécutifs.

Alors, comment faire pour continuer le mouvement en place ? Il y a l’option sérieuse de la femme présidente de la République Française. Selon un sondage émis par le baromètre Harris Interactive et commandé par RTL en 2020, pas moins de 71 % des répondants d’un échantillon souhaiteraient une femme à la tête de l’état. Elle serait l’exemple suprême d’empow’her’ment. Le scénario est d’autant plus probable que les récents événements sanitaires mondiaux ont mis les femmes leaders sur le devant de la scène. Selon Forbes, la Première ministre de Finlande (Sanna Marin), la Première ministre de Nouvelle-Zélande (Jacinda Ardern), la chancelière allemande (Angela Merkel) sont saluées pour leur diplomatie, leurs décisions claires et leur empathie en ces temps de Coronavirus.

Derrière l’empow’her’ment ne se cache pas une figure de « wonderwoman » qui sauve l’univers, mais celle d’une femme ancrée dans son monde en mutation : professionnelle, experte, impliquée et aux valeurs humaines fortes. La crise de la Covid-19 révèle le meilleur d’elle. Dé-confinée et masquée, la femme française, demain présidente de la République, marque le pas.

Souleymane-Jean Galadima
Alix de Renty, Paris 34 ans, mariée, 1 enfant (2 ans) Co-fondatrice de The Ladies Bank, et Banquier Privé Senior pour ODDO BHF Projets : Faire grandir la famille et continuer de développer The Ladies Bank www.ladiesbank.fr