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Bourse Covid-19 Investissement

Mars 2020 : le krach boursier que les millennials attendaient

PAR Valentine DEMAISON
17 juillet 2020 — Temps de lecture : 3 mn
De nombreux jeunes investisseurs se sentaient dépassés et découragés face à la nécessité d’investir leur épargne, pour entrevoir la possibilité d’une rémunération. Lorsque l’on apprend, le jeudi 12 mars 2020, que le CAC40 clôture la pire séance baissière de son histoire, l’espoir d’un point d’entrée pertinent brille. La suite du confinement atteste que les 18-35 ans auraient multiplié par 10 leurs transactions en Bourse pendant cette période
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Tous les investisseurs partagent le constat amer qu’il n’existe plus de solution d’investissement lucrative offrant une garantie en capital. Nos aînés, souvent plus boursicoteurs, se sentent moins perdus dans ce contexte grâce à leur expérience des marchés financiers et leurs positions historiques. Mais pour un jeune actif qui souhaite investir une partie de son épargne, le panorama des solutions sans risque ne fait pas rêver : le Livret A rémunère 0,5% avec un plafond de versement fixé à 22 000 €, les comptes à terme peuvent rémunérer 0,1% par an, et rares sont les chanceux qui disposent d’un PEL à 4% par an ! Ce constat est d’autant plus désespérant qu’en face, le besoin de se préparer pour l’avenir lui, ne cesse de croître. Les projets de vie à financer sont concrets : acheter sa résidence principale, mener un projet entrepreneurial ou, à plus long terme, se constituer un capital pour la retraite etc. Pour les réussir, l’investissement boursier est perçu comme risqué mais efficace. Selon une étude menée en 2019 par le gérant britannique Schroders, les millennials souhaitent un rendement boursier de 11.7% par an soit un point de plus que les 25 000 personnes interrogées dans le monde.

L’introduction en Bourse de la FDJ en fin d’année dernière, avec sa campagne télévisuelle, a donné encore plus de la visibilité aux marchés financiers et aux actions. Pour la première fois depuis longtemps, de jeunes investisseurs discutaient « bourse » lors de leurs dîners et apéritifs. Mais entre la fin de l’année dernière et le début février 2020, les bourses européennes et mondiales atteignaient des records ; aussi, pour les novices, les barrières à l’entrée étaient fortes et l’élan d’investissement réfréné. Qu’a fait notre génération ? Elle a attendu, et continué à abonder ses Livret A.

Quand arrive le krach en mars 2020, l’opportunité d’une période de soldes sur les actions paraît tangible et concrète. Ceux qui, disposent de liquidités, s’interrogent sur les modalités de cette chasse aux bonnes affaires : placer via le compte-titre ? le PEA ? le contrat d’assurance-vie ? A raison, l’enveloppe de détention détermine le périmètre d’investissement possible, et fige le traitement fiscal des gains financiers potentiels.

Le PEA (Plan d’Epargne en Actions) s’avère être une des enveloppes les plus plébiscitées par les jeunes français. Il permet d’acheter des actions européennes de toute taille et les gains financiers réalisés au sein de l’enveloppe (perception d’un dividende, vente en plus-value) ne donnent pas lieu à imposition tant qu’il n’y a pas de retrait. Et si le retrait a lieu après l’anniversaire des 5 ans du PEA, alors les gains réalisés ne subiront « que » les prélèvements sociaux de 17,2% et non pas la flat tax de 30%.

Mais quelles entreprises choisir ? Nos critères d’investissement diffèrent radicalement de ceux des générations qui nous précèdent. Nous valorisons l’engagement des marques, l’innovation et l’impact positif au sens ESG du terme. Actuellement, la digitalisation de l’économie (Cloud, Big Data) ou les nouvelles tendances de consommation (plateformes, takeaway) semblent nous convaincre sur les marchés. A l’inverse, les titres « BEACH » (Bookings, Entertainment, Airlines, Cruises, Hotels) sont complètement délaissés.

L’entrée en Bourse des millennials est jusqu’ici plutôt teintée de succès puisqu’on a assisté sur le dernier trimestre à un fort rebond des marchés actions depuis leur point bas. Les investisseurs retrouvent un appétit pour le risque, malgré un contexte particulier qui incite tout de même à une certaine prudence. Pour autant, il est fondamental d’être formé.e ou d’être accompagné.e, sinon des erreurs importantes peuvent être commises. Aux Etats Unis par exemple, motivés par la chasse aux bonnes affaires, de nombreux jeunes ont investi dans des actions dont ils imaginaient que la valeur basse était inhérente à la crise sanitaire ; en réalité, elle pouvait être liée à des situations de faillite engendrant des mouvements boursiers de très grande ampleur (à la hausse comme à la baisse). Une confusion significative. Les premiers pas sont donc activés, la démarche se fera-t-elle sur le long-terme ?

Valentine DEMAISON
Valentine DEMAISON Paris Banquier privé et ambassadrice The Ladies Bank 25 ans, célibataire, sans enfant https://www.ladiesbank.fr/